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Une montagne de livres - page 2

Une montagne de livres

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6 janvier 2008

Ce monde qui n'est pas le nôtre - Robert Tézenas du Montcel

Ce monde qui n'est pas le nôtre - Robert Tézenas du Montcel
Gallimard nrf - Avril 1965 - 1ère édition
Perret 4238



Ancien Président du Groupe de Haute Montagne (GHM), Robert Tézenas du Montcel nous livre quelques unes des plus belles pages sur le Grand Alpinisme d'entre-deux guerres. Si l'ouvrage n'est au final rien de plus qu'un recueil de souvenirs et de récits de courses, il tente - avec le recul - de nous faire partager l'élan de ces alpinistes à une époque où la compétition n'avait pas encore pris le pas sur le plaisir d'être en montagne.

Comment s'évader des cadres imposés qui se resserrent autour de lui ? Il n'est plus de montagne qui ne soit menacée de l'afflux de la foule. Il n'est plus de sommet dont les itinéraires ne soient décrits dans des guides si minutieusement rédigés qu'il n'est pas une fissure de rocher accueillante aux pitons qui n'y soit signalée, pas un mouvement d'escalade qui n'y soit décomposé comme à l'exercice. Où donc, dans des avenues aussi rigoureusement tracées, exercer, non plus seulement sa force et sa souplesse, mais son esprit d'invention, d'initiative et de décision ? Où, surtout, cueillir les fleurs des jardins de ses rêves ? On s'emploie à protéger la nature. Ne serait-il pas temps de respecter aussi le goût du mystère dans le coeur de l'homme ?

Je rêve parfois d'un guide qui répondrait à ce souhait. Chaque montagne y aurait droit à son image en pleine page. Des ombres savantes en feraient valoir les belles formes et les heureuses proportions. Un léger nuage en voilerait à demi le sommet et ne laisserait deviner que des lignes fugitives. Les itinéraires, indiqués avec une marge convenable d'incertitude, se limiteraient aux seules voies logiques, celles que suggère la structure de la montagne, à l'exclusion de toutes autres. Un pointillé lâche - et non le grossier trait plein - donnerait à l'esprit le loisir de s'évader entre les points. Chaque cime et chaque itinéraire feraient l'objet d'une appréciation générale fondée, non sur son intérêt acrobatique, mais sur son intérêt alpin, parfois tout autre. La difficulté y serait évoquée avec tact et discrétion : « Pour artiste... Pour homme d'affaires... Pour audacieux... Pour téméraire... » De grands espaces blancs laisseraient les yeux aller de l'image qui s'impose au texte rare qui se dérobe. Alors, l'esprit, ouvert à toutes les séductions du pointillé, pourrait se livrer à des combinaisons mystérieuses entre « l'artiste » et « le téméraire », avant de revenir à la page blanche, plus mystérieuse encore, face à l'image de la montagne.

Et qui sait si, en définitive, le meilleur guide ne serait pas celui dont toutes les pages seraient blanches ?




1 janvier 2008

Bonne Année 2008 !

Un petit billet en direct de Maurienne, sous le soleil et la neige (oui, je sais, c'est pas juste de vous infliger ça...), afin de vous souhaiter tous mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année 2008.

Une année bien entendu pleine de livres, de (re)découvertes littéraires et bien sûr de bonheur, d'amour, de voeux qui se réalisent et de bonnes résolutions qui tiennent jusqu'à l'an prochain...

Bref tout plein de bonnes choses :-)

Woua !

10 décembre 2007

Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer

Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer
Presses de la Cité - mars 1998
Egalement édité chez Guérin (nombreuses photos inédites) en 1998





Printemps 1996, Outside Magazine envoie Jon Krakauer couvrir un reportage sur l'Everest (versant Népalais) au sein d'une expédition commerciale menée par Rob Hall. (article d'ailleurs disponible en ligne: Into Thin Air). Après la publication de l'article, Jon Krakauer s'aperçu qu'il avait encore plus à dire au sujet de l'expédition qu'il venait de vivre qu'il en écrit ce livre.

Cette année là, douze personnes ont trouvé la mort sur l'Everest dont 8 pour la seule journée du 10 mai, un nombre record. Beaucoup d'entre eux appartenaient à l'expédition de Robert Hall. Mais il apparait également qu'un nombre record de personnes se trouvaient sur les pentes du toit du monde cette année.

Embouteillage

Un ouvrage d'une intensité dramatique et émotionnelle du début à la fin. L'environnement le veut. La lutte pour le sommet de l'Everest est longue et difficile, nécessite des semaines d'acclimatation, un assaut progessif de la montagne en établissant des camps successifs avant de finalement de se lancer pour -peut-être- atteindre le sommet; et avec de la chance.

Il existe une certaine controverse (pour ne pas dire une controverse certaine !) sur les expéditions commerciales. La question étant: si vous n'êtes pas capable d'aller là-haut seul, devriez-vous vous y trouver ? Il s'avère qu'un certain nombre des personnes qui y sont restées (ou ne sont pas passées très loin...) dépendaient de guides et Sherpas pour faire ce sommet et n'auraient jamais réussi sans leur aide.

On est vite fasciné par cet environnement et par les hommes et les femmes qui ont osé y entrer. Ils semblent d'une détermination sans faille. L'endurance humaine est poussée à sa limite. Mais après un court laps de temps, J. Krakauer nous pousse à nous interroger sur la motivation de ces gens et le point de vue du lecteur passe successivement de l'étonnement, puis admire la détermination voire même l'obsession, et conclut sur un manque évident de pensée rationnelle (hypoxie ?).

Au-dessus de 8000 mètres, on entre dans la zone de la mort. Cela devrait être suffisant faire rester à l'écart un être doué de raison. Mais non. Ces alpinistes, parfois presque amateurs, y affluent encore et encore. On connait pourtant les risques: gelures, oedêmes cérébraux et pulmonaires, chutes mortelles, cadavres à enjamber pour atteindre le sommet, tout n'est que souffrance...

Jon Krakauer va donc nous raconter cette journée du 10 mai 1996. 3 expés différentes s'élancent du Col sud (Camp IV) pour le sommet. Son histoire a provoqué un débat passionné sur les événements survenus ce jour sur et sous le sommet, même parmi les alpinistes qui étaient sur la montagne à ce moment là. Des guides sont morts pour emmener leurs clients à 70 000 $ au sommet, à tout prix. Quand bien même ces clients n'ont jamais été capables de redescendre. La faute à cette obsession du sommet, une météo imprévisible, une préparation et une acclimatation baclées ? Se trouver dans la zone de la mort éxonère-t-il d'abandonner un camarade en difficulté, au risque de compromettre SON sommet ? Le débat est multiple. Chaque erreur, minime sur des montagnes normales eu des conséquences dramatiques.

7 décembre 2007

En vrac


  • Jeudi soir : conférence de Blaise Agresti, auteur d'In Extremis - L'épopée du secours en montagne, à l'Ecole Militaire (Paris) à l'invitation des Editions Guérin. L'occasion de rencontrer Bruno Dupety. On en reparlera bientôt. Je reviens en tous cas avec une sympatique dédicace d'un auteur attachant.


        


  • Reçu ce matin le Montagnes Magazine du mois de décembre. Estampillé Nouvelle Formule. Ils auraient voulu faire pire qu'ils n'y seraient pas arrivés... Le mag en devient désagréable à lire. Moins de texte (utilisation d'une police plus grande) et de contenu éditorial, quasiment pas de mise en page élaborée (on croirait lire un banal document Word), photos semblant de moins bonne qualité, on ne retrouve plus ses rubriques ni ses repères. Et pourtant, je suis bon lecteur et pas trop regardant. La diminution du prix de 1 € (quelle répercussion sur les abos d'ailleurs ?) se fait au détriment du plaisir de lire un mag qui était pourtant bien fichu avant. Allez... rendez-nous not' Montagnes Mag d'antan...

4 décembre 2007

L'aventure Guérin continue

Les clients des Editions Guérin ont reçu il y a quelques jours un courrier les informant du maintien de l'activité de la maison d'édition (et les invitant - j'y serai - à la Conférence de Blaise Agresti jeudi 06/12 à l'Ecole Militaire à Paris).

Part ailleurs un communiqué de presse est paru aujourd'hui :

COMMUNIQUÉ

Le soutien des amis de Michel nous émeut et réconforte à la fois. Michel laisse un souvenir lumineux et une œuvre que nous voulons continuer. Cela peut paraître ambitieux, mais nous sommes soutenus. Un ami, Bruno Dupety, associé enthousiaste des Éditions Guérin, montagnard et industriel (Président du groupe Freyssinet), a pris la modeste présidence du conseil d’administration de Guérin SA.Son rayonnement dans le milieu des affaires, son implication personnelle et ses compétences en matière de gestion nous portent déjà. Pour l’éditorial, nous avons créé un comité de lecture volontairement restreint. Charlie Buffet, Jacques Perret*, Jean Schoënlaub et Dominique Potard ont en commun d’être à la fois alpinistes, écrivains de talent et proches de Michel. Ils assument plusieurs missions : lecture des manuscrits, conseil pour la publication, apport d’idées nouvelles, mise en œuvre de projets, présentations d’auteurs, etc. Ils portent l’esprit de la marque Guérin.

Quant au fonctionnement des éditions à Chamonix, Vincent Desjuzeur et moi-même, nous nous proposons d’en assurer la continuité. Plus que jamais, la formule «nul n’est irremplaçable» nous paraît stupide. Oui,Michel est irremplaçable. Nous ne le remplacerons pas. Nous tenterons simplement, en associant des talents nombreux, des compétences et des bonnes volontés de poursuivre son œuvre dans l’élan qu’il nous a donné.

Marie-Christine Guérin



Jacques Perret est l'auteur du fameux Guide des livres de montagne et d'Alpinisme

2 décembre 2007

L'avalanche - Jacques Boell

L'avalanche et six autres nouvelles sur thèmes alpins - Jacques Boell
Editions Fernand Lanore - 1973




Montagnard accompli (il appartient au Groupe de Bleau et ouvrit des voies majeures en Oisans), Jacques Boell publie chez Lanore en 1973 ce recueil de 7 nouvelles consacrées non pas à l'alpinisme mais ayant pour cadre la Montagne. Ces nouvelles sont tour à tour mystérieuses, humoristiques, psychologiques ou romanesques. Toutes dans un style fort agréable à lire.
L'amateur de littérature d'alpinisme n'y retrouvera peut-être pas son compte (quoique...) mais l'amateur de livres de montagnes, certainement.

Jacques Boell nous y dépeint l'environnement montagnard avec une relative noirceur. Une montagne qui ne fait pas de concessions aux hommes ou qui n'est là qu'en cadre, mais celui d'une vie teintée de rudesses ou d'évènements dramatiques. Boell conclut cependant sur des expériences personnelles, dans un genre similaire à Saint Loup dans La Montagne n'a pas voulu (en plus court cependant), où il tente de nous démontrer qu'elle (la montagne) n'est pas si mangeuse d'homme qu'il a bien voulu nous le faire croire. Car ce ne sont après tout que des nouvelles...

16 novembre 2007

Voyages dans les Alpes - Horace Benedict de Saussure

Voyages dans les Alpes, précédé d’un essai sur l’histoire naturelle des environs de Genève - Horace Benedict de Saussure
4 volumes publiés entre 1779 et 1796 - Neuchâtel et Genève



Que mon banquier se rassure (s'il me lit...): je n'ai pas déboursé les 8 à 10 000 € que représentent ce lot des 4 volumes de l'édition originale d'un des ouvrages fondateurs de la littérature de montagne.

Mais tout n'est pas perdu ! Initiée par Google et désormais lancée par toutes les grandes bibliothèques européennes, la numérisation des ouvrages est en marche. Pour notre plus grand bonheur. En France, la BnF vient juste de mettre en ligne la version 2 ''Beta'' de Gallica qui recèle quelques trésors, dont celui-ci.

Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799), professeur à l'Académie de Genève, pédagogue, citoyen actif, savant universel, est surtout connu comme le plus important découvreur des Alpes. Ses Voyages, publiés de 1776 a 1796 en 4 volumes, communiquèrent aux lecteurs de toute l'Europe sa passion des montagnes, son désir de compréhension scientifique et les bonheurs goûtés aux paysages. Dans ce monument, Saussure regroupe plusieurs voyages: le massif du Mont-Blanc, le passage du Mont-Cenis, des excusions sur la côte d'Azur et en Provence, enfin le court récit de ses visites au Saint-Gothard et aux lacs italiens. L'ouvrage obtint un succès considérable et fut tout de suite traduit en allemand et en anglais. En 1834, puis en 1852 les Voyages intéressaient encore un public suffisamment large pour que soient rendues nécessaires des rééditions.

Saussure n'est pas un érudit confiné dans sa bibliothèque. son laboratoire est la nature, et la montagne son champ d'expérimentation. Le savant s'intéresse à tous les domaines de la connaissance: géologie, zoologie, botanique, glaciologie. Sa contribution aux progrès de la météorologie est considérable, grâce a l'ingéniosité des instruments qu'il met au point. Le changement du regard porté sur la montagne entraîne aussi une attitude nouvelle envers ses habitants, permettant à Saussure de dessiner des figures attachantes: le chasseur de chamois, le cristallier, le moine secourable, le guide aux jarrets solides deviennent les archétypes d'un peuple courageux, honnête et plus éclairé qu'on ne le pensait alors. Saussure assiste aux fêtes, s'attable avec les familles, regarde faire les semailles et les moissons, visite les mines, se documente sur la production agricole: une première ethnologie alpine se dessine. Un texte riche et dense de Saussure — par ailleurs remarquablement écrit. Unil.ch


A vrai dire, je n'ai pas encore eu le temps de parcourir en détail les 2300 pages que nous a légué H.B. de Saussure. mais je vous les propose en téléchargement (source BNF)







4 novembre 2007

La montagne c'est pointu - Pierre Chapoutot

La montagne c'est pointu - Pierre Chapoutot
Edité à compte d'auteur - 1997 - (magnifique) Préface de Roger Canac
Quasiment introuvable



Pierre Chapoutot décide de compiler, en 1997, une partie de 30 ans de production littéraire consacrée à l'alpinisme. Ces extraits d'articles voire même de pamphlets (qui vaudront un départ fracassant de la rédaction de la Montagne & l'Alpinisme) lui permettent de développer une vraie philosophie de la pratique alpine. Une pratique respectueuse de l'environnement (mais pas écolo), irrévérentieuse (et presque anar) et surtout, une pratique Amateur, empreinte de camaraderie, dont il se revendiquera toujours.

Mais le Chaps a d'autres talents littéraires, certes moins revendicatifs mais toujours avec l'ambition de faire réfléchir sur les pratiques et l'évolution de l'alpinisme, qui feront de lui l'un des fondateurs de l'iconoclaste revue Passage que j'ai eu l'occasion d'évoquer à plusieurs reprises sur ce blog (Passage n°1, Passage n°2, Passages, Anthologie).

P.Chapoutot excelle enfin dans le récit de voyages et dans le genre particulier de la monographie montagnarde (notamment celle du Mont Aiguille, publiée dans le présent ouvrage).

A noter, pour conclure, un article intitulé Le livre et la montagne, plutôt sévère pour la littérature de montagne et d'alpinisme :

Il reste que cette littérature d'alpinistes, si elle se caractérise par son abondance, reste qualitativement d'une grande pauvreté, au point de déboucher trop souvent sur une espèce de littérature naïve, qui est à l'autre ce que le palais du facteur Cheval est à l'art gothique, et dont la comtesse de Ségur est à chercher du côté du Terray des Conquérants de l'Inutile - la palme de la nullité revenant très vraisemblablement au récit d'expédition, à quelques exceptions près, aussi rarissimes que significatives, comme La Montagne des Autres de Bernard Amy.



Sa disparition accidentelle, en 2006, fait de ce rarissime ouvrage, une sorte de testament littéraire.

L'essentiel n'est-il pas d'éprouver dans l'escalade son propre plaisir, plutôt que de cultiver cet agrément normalisé qui consiste à confronter les références des autres aux siennes propres ?


(au sommet de la Grande Casse) Je crois bien que j'aurais aimé rester là, avec une bonne grosse tomme et un coup de rouge...


... Il y eu pourtant des premières cet été-là, mais j'apprenais à les faire en catimini, par gourmandise, et c'était infiniment agréable. Je découvrais que l'alpinisme pouvait être jubilatoire, et la montagne autre chose qu'une simple caisse de résonance. J'allais donc me contenter d'être un amateur, au sens le plus samivélien du terme.



1 novembre 2007

Moments de Doute - David Roberts

Moments de Doute - David Roberts
Editions Guérin (par Delachaux et Niestlé) - 1997
Edition originale Moments of Doubt - The Mountaineers / Seattle 1986



Dans ce recueil d'articles écrits entre les années 65 & 85 pour divers magazines de montagne américains, David Roberts tente de nous éclairer sur ces moments décisifs et ces expériences intenses qui forgent le caractère des grimpeurs et alpinistes. En mélangeant habilement souvenirs personnels (non seulement journaliste, il est surtout un grimpeur émérite) et récits puisés dans l'histoire de l'alpinisme, David Roberts nous livre, avec une qualité d'écriture (même traduite) une analyse plutôt intéressante. A mi-chemin de l'enquète et du récit d'aventures.
On notera enfin une étude particulièrement bien vue et consacrée à un genre littéraire particulier : les autobiographies de grimpeurs (chap 9 - page 205)

On regrettera cependant les références trop nombreuses au monde de la grimpe US, qui enlèvent de nombreux repères aux lecteurs européens.


Message perso pour Alex : même en vacances je trouve le temps de lire et de bloguer (merci la fibre mauriennaise !). On se contacte sous peu ;-)

28 octobre 2007

La Paroi - Pierre Moustiers

La Paroi - Pierre Moustiers
Editions Gallimard - nrf Collection Blanche - EO 1969
Grand Prix du roman de l'Académie Française



Qualifié par l'auteur lui-même de "roman de l'amitié et de ses antagonismes dans un monde où l'artifice n'a pas accès.", La Paroi est un ouvrage curieux, pour l'amateur de littérature alpine.

Un ouvrage qui se trouve plus être un essai littéraire sur fond d'intrigue psychologique - et se déroulant en montagne - qu'un réel roman de montagne.

Michel Ballerini, dans Le Roman de Montagne en France, ne s'y trompe d'ailleurs pas. Je reproduit ci-après son analyse :

(...) On pourrait penser qu'une oeuvre qui a remporté deux prix littéraires aussi différents que le grand prix de Littérature sportive et le grand prix du roman de l'Académie française, concilie aussi les exigences de l'alpiniste et celles de la littérature : en fait, La Paroi, de Pierre Moustiers, montre à quel point il est difficile de combler le fossé qui sépare les unes des autres. Cela est si vrai que les critiques ont été contradictoires, favorables ou non suivant qu'elles étaient le fait d'un spécialiste de la littérature ou de la montagne. Dans le journal Le Monde, Pierre-Henri Simon ne croit pas se « tromper en disant que ce récit d'une ascension difficile intéressera les spécialistes ». En quoi il se trompait puisqu'un « spécialiste » de La Montagne en a surtout retenu les invraisemblances et qu'il écrit : « Trop de choses sont ici artificielles, et d'abord les personnages et leur montagne ». Il suffirait de glaner au hasard dans le volumineux dossier de presse de l'éditeur pour citer encore d'autres critiques opposés. Alors, de quoi s'agit-il ?

Puisqu'il s'agit de montagne, quelle part occupe-t-elle dans le roman et quelle part l'alpinisme ? D'après l'auteur lui-même l'action se situerait dans une grande face nord de l'Oisans, mais il est bien difficile en réalité de mettre un nom sur cette montagne. Les descriptions peu nombreuses ne dépassent pas les généralités : quelques lignes sur l'horizon, sur le temps ; en l'absence de tout panorama complet ou quelque peu précis, la montagne reste une abstraction sans consistance. L'alpinisme ? Ecoutons l'auteur : « Mon problème a été de ne pas devenir pédant tout en restant technique. Il m'a fallu traduire en termes simples ce vocabulaire très particulier de la montagne. » Et reconnaissons que l'auteur n'a pas résolu le problème. Les descriptions techniques sont très mauvaises, car elles ne permettent pas au lecteur de s'imaginer la scène. En voulant être simple, P. Moustiers a été incomplet et ses descriptions sont incohérentes. Et s'il est facile de relever de nombreuses impossibilités — ce qui est plus grave que des invraisemblances, car celles-ci ont toujours le bénéfice du doute, les réalités alpines dépassant souvent la fiction —, si ces impossibilités sont nombreuses, c'est que le problème est faussé à la base : l'ascension dont il est question, dans les conditions décrites, est purement et simplement inimaginable, impossible. Le lecteur doit accepter cette condition dès le début du roman, sans quoi il ne pourrait continuer sans pousser les hauts cris. Pour le profane, cela est certainement possible ; pour l'alpiniste, le morceau est trop gros à avaler. Alors ? Alors La Paroi n'est pas un roman de montagne. Les critiques s'accordent à peu près sur ce point et l'auteur le reconnaît aussi : « La montagne n'est pour moi que le " cadre " de mon roman ; j'aurais pu écrire la même chose sur la mer (...). Seule la vérité psychologique m'intéresse, le décor importe peu. » Nous y sommes.

La Paroi est un roman intéressant dans la mesure où l'auteur essaie de saisir, en termes simples, les motivations profondes des personnages. P. Moustiers est comme l'un d'eux, « ce sont les mobiles secrets qu'il aimerait découvrir ». Il arrive à faire des analyses très riches en nuances, mais ces analyses portent à faux quand elles s'exercent sur les personnages en tant qu'alpinistes. Il y a bien ici et là quelques bonnes remarques (« Matériel neuf et de premier choix. Ce qu'on fait de plus moderne, de plus perfectionné. Besoin de se rassurer »), et quelques belles phrases (« Il monte et tout lui paraît mesquin en face de cette réalité (...), aucun artifice, aucune théorie dans son exaltation »), mais elles sont trop rares. L'intérêt de La Paroi est étranger aux choses de la montagne et il ne faut pas l'ouvrir en pensant lire un roman de montagne. L'intérêt du livre est ailleurs, dans une tentative — très caractéristique de notre temps — pour voir de quoi sont faites les actions humaines.

25 octobre 2007

En vrac


24 octobre 2007

Disparition de Michel Guérin

Tous les amateurs de livres de montagne connaissent les désormais fameux livres rouges (rouge comme les chaussettes et les pulls des alpinistes) des Editions Guérin.

Nous avons appris (news Kairn) aujourd'hui son décès.
Une bien triste nouvelle pour la littérature alpine.



En 1995, Michel Guérin quitte le monde de la publicité pour revenir à ses premières amours: le livre. Il fonde alors les éditions Guérin, spécialisée dans les livres de montagne. Classiques ou textes inédits, la rigueur éditoriale, le graphisme soigné et la couleur rouge vont faire de ses livres des références dans le monde passionné des amateurs de montagne.

Les Conquérants de l'inutile. Inaugurer un catalogue d'éditeur par ce titre était osé. Et pas uniquement pour des raisons de superstition ... C'est pourtant ce que fait Michel Guérin, en 1995, lorsque, après avoir été professeur d'histoire, libraire puis publicitaire, il se lance dans l'édition de livres de montagne à Chamonix. Or, l'ouvrage de Lionel Terray est un classique parmi les classiques de l'alpinisme. Michel Guérin le réédite pourtant sous la forme novatrice, pense-t-il, d'un texte illustré. La nuance avec le "beau livre de montagne" est d'importance. Il s'agit que le fil de la lecture ne soit jamais rompu par l'image, d'éviter que celle-ci ne devienne finalement une gêne au moment de goûter au texte. Aujourd'hui, ce premier livre a dépassé les 10 000 exemplaires. Une trentaine de titres plus tard, Michel Guérin reste fidèle à l'image qu'il s'est donnée, celle d'un éditeur amateur de montagne, ambitieux dans ses choix éditoriaux et ses innovations graphiques, fidèle à la couleur rouge qui dessine ses couvertures depuis les débuts. Au catalogue, on trouve les grands noms de l'alpinisme (Walter Bonatti, Reinhold Messner ...) comme ceux de la littérature et de la photographie de montagne (Roger Frison-Roche, Gaston Rébuffat ...). Les lecteurs ont donc suivi son ascension. Un monde de passionnés facilement identifiable. D'où une part importante des ventes réalisée par correspondance. Mais cela ne fait pas tout. Il faut des textes, il faut prendre des risques. C'est ce que fait l'éditeur en publiant un premier roman en 1997, Le Port de la mer de glace. Le bouche à oreille dans le milieu, puis au-delà, conduit le livre de Dominique Potard vers un succès inattendu à quelque 12 000 exemplaires. Autre risque en 2000, lorsqu'il publie Annapurna, une affaire de cordée, de David Roberts, une révision critique de l'ascension de l'Annapurna en 1950 racontée par Maurice Herzog dans son célèbre Annapurna, premier 8 000. Le scandale est grand, le succès du livre, qui désacralise l'alpiniste et homme d'État, aussi. La niche des sommets réussit à Michel Guérin qui, avec le sourire, tempère l'enthousiasme: "Un éditeur qui dit: ça va bien, c'est qu'il n'est pas mort ..." Même bien vivant. Au point de faire de récentes infidélités à la montagne avec la mer. Une histoire de famille.

Laurent Bonzon Source

21 octobre 2007

Max Melou - Prière sur le Mont Blanc

Max Melou - Prière sur le Mont Blanc
Editions Arthaud - Coll Sempervivum n°42 - 1967



L'avant-propos de R. Faure aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Ce livre a été écrit pour des skieurs.

Je n'ai pas l'habitude des jugements à l'emporte-pièce (du moins en matière de livres) mais cet ouvrage n'a pas grand chose à faire ni dans la collection Sempervivum, ni dans la bibliothèque d'un amateur de livres de montagne et d'alpinisme.

Non pas que le ski ne nous intéresse pas.
Mais tout, dans cet ouvrage, a mal vieilli : les sujets & les thèmes abordés, les références de l'auteur, le style en lui même; pompeux et (très) vaguement poétique ou philosophique.

Un bouquin lu en diagonale, qu'on s'empresse de refermer et qui, au final, (qu'on me pardonne le jeu de mot) est un peu relou.

14 octobre 2007

Guide de la montagne - [Collectif] sous la Direction de Steven M. Cox and Kris Fulsaas

Guide de la montagne Randonnée, Escalade, Alpinisme, Trekking, Expedition
Editions Guerin - Août 2007



Un ouvrage volumineux (555 pages) qui se veut, en parallèle de son grand frère le Guide de la Montagne (édité par le CAF), la somme des connaissances à posséder (idéalement...) par tout pratiquant de la montagne.

Nous sommes bien dans l'esprit du Cours des Glénans (que j'ai potassé quelques années avant de virer de bord...) : Tout est clair, expliqué de manière didactique avec de nombreux schemas. On ne le lit pas d'une traite, et telle une bible ou tout autre ouvrage à vocation religieuse ou philosophique, on y revient par petits paragraphes, au gré des envies ou des besoins (Choisir ses équipiers p 429 sera vraisemblablement pour beaucoup une page marquée...).

A noter que l'ouvrage est une adaptation d'un best-seller américain Mountaineering: The Freedom of the Hills dont la première édition remonte à 1960 et la dernière (7ème) de 2003, sous la direction de Steven M. Cox and Kris Fulsaas.

Une belle idée cadeau pour les fêtes (ne pas y voir de message subliminal, je l'ai déjà !)


Interview de Michel Guérin par TVMountain

Si vous ne voyez pas la video, vous pouvez la visualiser à cette adresse

La trilogie érotique de Pierre Charmoz

  • Cime et Châtiment, la Brigandine, 1982 (rééd. Guérin, 2001)

Couverture - Quatrième de couverture

  • La Montagne à seins nus, Deleatur, 1985 (rééd. Guérin, 2001)

Couverture - Quatrième de couverture

  • L'Héroïque aventure d'Henriette de Tourville sur la cime du mont Blanc, J. Gendrault, 1986 (rééd. Guérin, 2001)

Couverture - Quatrième de couverture



Ces trois ouvrages ont fait l'objet d'une réédition (désormais épuisée semble-t-il) sous coffret par Michel Guérin dans la Petite Collection.

Soyons non conformistes pour une fois. Transgressons, transgressons !!!

La littérature alpine (contrepétrie facile...) nous avait habitué à moult récits héroïques. Erotiques nettement moins.

3 (petits) ouvrages, un auteur - Pierre Charmoz (nom de plume) -, 3 exercices de style.
Forcément, la première fois ça surprend. Il y a les pour et les contre. L'art, le pastiche ou le porno.

De ces trois ouvrages, sortent particulièrement du lot Cime et Châtiment - qui sur le ton du roman policier nous emmène dans le microcosme chamoniard avec quelques bon mots (et portraits) et surtout L'Héroïque aventure d'Henriette de Tourville sur la cime du mont Blanc qui, en étant d'ailleurs le moins osé des trois, représente un fort bel exercice de style à la façon de la littérature de la fin du XVIIIè.

  • Du même auteur : Première ascension népalaise de la tour Eiffel, Deleatur, 1984 (rééd. Ginkgo, 2002)

29 septembre 2007

Les Guides ont leurs étoiles - Guy Belzacq

Les Guides ont leurs étoiles - Guy Belzacq
Editions Aubanel - EO 1958 dédicacée par l'auteur
Pour cet ouvrage l'auteur a reçu le grand prix de littérature sportive Tristan Bernard en 1958 décerné par l'Association des écrivains sportifs.



Un ouvrage atypique qui commence comme une fable, presque un conte philosophique et qui se termine en roman de montagne. Nous sommes bien loin du roman de montagne traditionnel... et du livre d'alpinisme encore plus. Michel Ballerini ne s'y trompe d'ailleurs pas en le qualifiant de "tentative, réussie, pour écrire un roman dans un style nouveau".

Ici tout tourne, tel... un astre, autour de l'homme et de son osmose avec la nature.

Deux personnages principaux. Un Vieux, le Jeune. Plus le souvenir du Père, Guide, mort sur La Montagne et une Mère omniprésente mais si discrète, si compréhensive. Et un défi : vaincre cette Montagne, la Grande Face.

Une bien belle ode au métier de guide.

  • Voila assurément un auteur du niveau de Sonnier du point de vue de l'écriture (difficile de ne pas faire de parallèle en lisant Le Combat Singulier).
  • La critique chez Daniel Masse

28 septembre 2007

Disparition de René Desmaison

Un grand Monsieur de l'alpinisme (et de la littérature alpine) s'est éteint aujourd'hui.



26 septembre 2007

Vacances d'Alpiniste - Frank S. Smythe


Vacances d'Alpiniste (Mountaineering Holiday) - Frank S. Smythe
Traduction de J & F. Germain
Ed. Arthaud - Coll. Sempervivum (n°2) - Juil 1948



Ouvrage écrit en 1940 par celui qui fut un des grands alpinistes de cette première moitié de siècle, Vacances d'Alpiniste a pour cadre les deux semaines de congés de sujets anglais dans les Alpes. Avec un humour certain (pour ne pas dire britannique), Frank S. Smythe nous décrit dans le détail ce qui est encore à l'époque une vraie petite expédition depuis la banlieue londonnienne jusqu'au coeur de l'Oisans, puis dans le massif du Mont Blanc. L'ouvrage est bien entendu prétexe à plusieurs récits de courses qui, malgré la simplicité avec laquelle ils sont décrits en feraient presque oublier leur difficulté...

Mais Frank S. Smythe profite également de cette tribune littéraire pour dénoncer la surfréquentation des alpes ou l'invasion des touristes en altitude mais également pour s'extasier sur ces plaisirs simples qu'offrent l'alpinisme et la pratique de la montagne.

Un ouvrage au final plutôt intéressant en tant que témoignagne sur la pratique de l'alpinisme amateur dans les années 40 mais que j'ai néanmoins trouvé un peu fastidieux à lire et manquant quelque peu d'originalité.


20 septembre 2007

En vrac


Plein de boulot, quelques livres en cours, plein de livres à lire. Je n'arrive pas à suivre le rythme ! Vivement qu'on ait de longs après-midi pluvieux ;-)

En attendant, quelques billets dans la blogosphère montagnarde qui ont récemment retenu mon attention :

  • Un intéressant billet de Maxence retraçant l'oeuvre de Samivel à l'occasion de l'expo à Saint Maurice dont je me faisais l'echo ici. Pas de photos de l'expo ?
  • La bibliothèque de Montvernier fête ses dix ans ! J'ai même cru y voir des livres de montagne... Un coup de châpeau aux bénévoles qui permettent le maintien de cet accès à la culture en milieu rural (si je commence à parler comme à la MSA moi...).
  • Le matos d'escalade et d'alpinisme peut-il lâcher ? La réponse est Oui.... dans certaines conditions... Une video de TV Mountain. Ca rassure néanmoins de voir une cordelette en nylon cisailler de l'alu (de Maurienne).
  • Gilles Place se balade pas mal (récemment en Iran). Mais ce photographe capte d'une très belle façon les lumières si particulières que l'on rencontre en montagne. A voir ici.
  • Des ''sehr schön'' panoramas ! Les Tre Cime sont à tomber.

16 septembre 2007

MIAM !

Mais qu'est-ce donc ?







Une belle rouelle de jambon, 2 poignées de foin (ramassé face à la Meije, versant La Grave :-)), Mouiller à hauteur, cuire 2 h, servir, déguster.

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