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Livres de Montagne - Une montagne de livres

Une montagne de livres

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Livres de Montagne

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19 mai 2008

De l'Eiger à l'Iharen - Alain de Chatellus

De l'Eiger à l'Iharen - Alain de Chatellus
Ed. J. Susse 1947 (1ère ed)
Perret 0962



Membre du G.H.M et alpiniste incontournable de l'alpinisme d'entre-deux-guerres, Alain de Chatellus nous fait le récit dans cet ouvrage de courses d'envergure principalement effectuées dans le massif du Mont Blanc et dans le Valais. Comme souvent à cette époque, l'ouvrage se termine sur une note plus exotique avec quelques escalades dans le massif du Hoggar, destination coloniale prisée (se reporter également, dans un genre similaire, à la fin de Rochers, neiges et sables de Pierre Dalloz). L'ouvrage est également reflet d'une belle et longue amitié entre un client et son guide (Georges Charlet, souvent accompagné de son fils)

C'est donc à du grand et beau sport qu'est consacré ce livre. Dans le choix des courses, leur parfaite exécution, un équilibre hautement établi entre la beauté et l'effort, le risque t la prudence, nous trouvons une belle leçon de classicisme qui correspond à l'un des courants majeurs de la tradition alpine française.
Lucien Devies - Président du G.H.M


Un ouvrage classique, témoin de cette époque importante.

18 mai 2008

La vallée perdue - Jean-Claude Forêt

La vallée perdue - Jean-Claude Forêt
Editions Didier Richard - Grenoble - 1987
Perret 1715



Il faut une nouvelle fois remercier Daniel Masse de nous faire découvrir de nouveaux livres. Si ce roman n'est pas récent (1987), il restait ignoré de beaucoup.

Le massif du Mont Blanc a la particularité de se situer à la jonction de 3 pays (France / Italie / Suisse) et, s'il fait office de massif frontière, il n'en demeure pas moins un dénominateur commun culturel entre les peuples de cette région des alpes.

Au travers de l'histoire d'un guide, Orto Vertosan, et de son client/confident (le narrateur), l'auteur nous dresse le portrait d'une personnalité complexe. Arraché enfant à sa vallée (Val d'Aoste), émigré loin des Alpes toute son adolescence, le futur guide est littéralement aimanté par ce massif. Ses aïeux lui ont transmis la connaissance des dialectes et des langues : 3 langues nationales et 4 patois; faisant d'Orso un être unique entièrement habité par le lieu. Son existence est par ailleurs hantée par la découverte d'une mystérieuse "vallée perdue", synthèse absolue et parfaite mais malheureusement imaginaire du Pays du Mont-Blanc.

Un véritable coup de coeur.
En effet, Jean-Claude Forêt réussit (qui plus est pour un premier roman) à traduire l'esprit d'un lieu unique et à nous immerger au coeur d'une culture alpine sans pour autant sombrer dans un style nostalgico-régionaliste.

  • M'envoyer un petit mail pour que je vous indique où en trouver un exemplaire (le livre n'est pas facile à trouver !)

20 avril 2008

Himalayistes - Gilles Modica

Himalayistes - A la conquête de l'altitude - Gilles Modica
Editions Glénat - Coll. Hommes et Montagnes - Fév 2008




Avec cette récente parution chez Glénat, la collection Hommes & Montagnes n'a certainement jamais aussi bien porté son nom.

Journaliste à Montagnes Mag et Trek Mag, Gilles Modica a compilé dans cet ouvrage ses articles (les lecteurs de ces revues auront donc un petit sentiment de déjà lu) relatif aux alpinistes qui - selon lui - ont marqué la conquête de l'Himalaya. En une vingtaine de chapitres, l'auteur nous dresse des portraits courts, denses, bien sentis et parfois sans complaisance, toujours bien documentés (une courte bibliographie accompagne chaque chapitre et offre des pistes de lecture futures intéressantes).

Un siècle d'himalayisme et d'himalayistes : on en retient surtout qu'il s'agit avant tout d'une question de personnalité plus que de condition physique, d'un savant amalgame de folie et de sagesse bien souvent mis à mal par le froid, l'épuisement et l'hypoxie. Et d'un peu de chance.

Ce serait exagéré de dire que la mort est certaine, mais ce serait faux de dire que la vie est garantie.
Erhard Loretan

13 avril 2008

Flemattissime - Robert Flematti

Flemattissime Des Pyrénées aux Alpes - Robert Flematti
Editions Guérin Petite Collection - Mai 2006




Immédiate après-guerre : Fils d'immigrés italien clandestins, Robert Flematti débarque un beau jour au beau milieu des Pyrénées en tenant la main de sa maman, venue rejoindre le Père sur un chantier.

Initié à la montagne par les gamins du coin et les chasseurs d'isard et d'ours, il attrape le virus et commence l'alpinisme sans le savoir. Y compris avec des hivernales (épisode du Balaïtous). Encouragé et soutenus par les édiles locales, il devient le petit protégé de l'impressionnant Armand Charlet pendant les stages de sélection et parviendra à intégrer l'ENSA puis à y devenir Instructeur.
Chamonix. Début d'un rêve.

Il y fait la connaissance d'un costaud en mal de notoriété. René Desmaison.

Le Pyrénéen signera avec lui la première hivernale du Pilier du Freney au Mont-Blanc : plus d’une semaine à plus de 4000 mètres sur des parois hallucinantes dans des températures polaires. Impossible, et pourtant si... Un an plus tard, toujours en hiver, la même cordée est dans le Linceul, une pente de glace vive de 800 mètres à 80 degrés sous l’arête des Hirondelles, dans la face nord des Grandes Jorasses. Les deux hommes trimbalent deux émetteurs radio car René Desmaison a passé un contrat avec RTL pour intervenir en direct dans les journaux pendant l’ascension...

Flematti était dans l’ombre, fiable, indispensable et modeste. Il est resté peu connu, sinon inconnu du grand public. C'est peut-être ça qui rend Robert Flematti attachant.

L'alpinisme, même de haut niveau, n'est pas un business pour lui.
Juste un moyen de se faire plaisir.

6 avril 2008

Bientôt un village alpin du livre ?

On se prendrait même à rêver d'un village du livre... alpin !!!


Eclaireurs-skieurs au combat 1940-1944-1945 - Jacques Boell

Eclaireurs-skieurs au combat 1940-1944-1945 - Jacques Boell
Editions Arthaud - Collection Témoignages - 1962
Perret 0520

Cet ouvrage est la 2nde réédition de l'ouvrage (réécrite et moins passionnée que celle parue juste après l'armistice en 1946).



Récits de guerre et de combats en montagne qui intéresseront les amateurs d'histoire militaire et plus particulièrement celle des Chasseurs Alpins mais également les familiers des montagnes de (Haute) Maurienne, largement évoquées (notamment les massifs entourant le Mont Cenis, théâtre de violents combats).
Le récit le plus connu tiré de l'ouvrage, Le Prisonnier de la Ronce, inspirera grandement le scénario des ''Etoiles de Midi'' de Marcel Ichac.

Carnets de Solitude - Nicolas Jaeger

Carnets de Solitude 60 jours seul à 6700m d'altitude - Nicolas Jaeger
Editions Denoël - 1974 (1ère édition)
Perret 2346



Si cet ouvrage n'est assurément pas un monument de la littérature alpine, il nous amène au coeur d'une expérience mi-humaine mi-scientifique menée par ce médecin-alpiniste de haut niveau et destinée à mesurer les effets d'un séjour prolongé à haute altitude. Nicolas Jaeger a intégralement rédigé ce journal pendant son séjour solitaire de deux mois sous le sommet du Huascaran (6 768 m). A la fois outil d'introspection et de réflexion sur le monde qui l'entoure (paradoxalement), Jaeger se livre d'une manière finalement peu courante dans les ouvrages de montagne et d'alpinisme.

23 février 2008

(une) Ascension - Ludwig Hohl

(une) Ascension (Bergfarht) - Ludwig Hohl
réédition à 2500 exemplaires par les Editions ATTILA - Novembre 2007
Illustrations de Martin Tom Dieck
traduit de l'allemand (Suisse) par Luc de Goustine, publié initialement chez Gallimard (1980) sous le titre Une ascension

Perret 2274



Extrait de la 2ème de couverture

Repris, corrigé et réécrit six fois entre 1916 et 1940, avant de recevoir sa forme définitive (et un succès critique sans précédent) en 1975, Ascension est le récit d’une ascension en montagne.

Deux hommes partent à l’assaut d’un glacier ; les conditions sont mauvaises. Le malaise de l’un s’intensifie devant la dureté des éléments, à tel point qu’il abandonne, et que l’autre entreprend une ascension solitaire folle, mais consciemment assumée. Lente ascension, ou lente agonie ?

On suit pied à pied les héros dans leurs trajectoires opposées, les accidents qui se multiplient, et les songes dont ils peuplent la montagne… Labyrinthe de glace sans trace humaine, ni perspective, et bordé d'abîmes, celle-ci prend un relief fantasmatique et monstrueux. Dans cet univers à la fois transparent et ténébreux, où la réalité tend à se dissoudre, peuvent surgir des événements décisifs et tragiques.

L'écriture à ellipses de Ludwig Hohl fascine par sa minutie et sa sobriété. L'auteur tente de percer la personnalité de la montagne à travers ses couleurs, ses méandres, ses formes, son climat... Ascension est une parabole impeccable, dans la lignée du Vieil homme et la mer d’Hemingway, ou du Moby Dick de Melville.

Deux alpinistes partent pour une ascension. L'un rechigne et bientôt renonce, l'autre poursuit vers son but. Au retour, la mort, absurde et inéluctable, les surprend tous deux. Le thème classique de la dernière course et de la montagne ogresse.

Un ouvrage qui rappelle Elisée Reclus pour les descriptions in situ et Pierre Moustiers ou Guy Belzacq pour la sobriété du style et de l'intrigue.

Pour l'anecdote, Daniel Masse, que j'ai eu le plaisir de rencontrer et de recevoir à dîner il y a quelques semaines, venait quasiment simultanément en même temps que moi de découvrir cet ouvrage (mais dans son édition originale française chez Gallimard).

3 février 2008

Meije - Georges Sonnier

Meije - Georges Sonnier
Ed. Fernand Lanore - 1977 (réédition)
1ère édition par la Librairie des Alpes - André Wahl Coll. Les Bibliophiles de la Montagne - 1952
Perret 4106



Une face nord vierge, à l'aube d'un conflit armé, une cordée composée de futurs belligérants, et une issue dramatique. Ce petit récit (142 p) - pour qui a délà lu Sonnier auparavant - ne laisse pas un souvenir impérissable. L'amateur de littérature alpine aura un vague sentiment de "déjà-lu" et il faut reconnaître que Sonnier s'est laissé allé tant à une certaine dramaturgie qu'une vulgarisation alpine, probablement pour tenter de perçer auprès d'un public plus large.

L'avant propos de la seconde édition (chez Lanore), semble montrer (en lisant entre les lignes) que G. Sonnier a pris conscience que son ouvrage avait plutôt mal vieilli (je rejoins d'ailleurs P.Chapoutot sur ce point).

Jacques Perret (rappelons-le, auteur du Guide des Livres sur la Montagne et l'Alpinisme) considère néanmoins que Meije est un très beau roman de montagne, sans doute un des meilleurs ouvrages de G. Sonnier. je n'arrive pas à partager son enthousiasme.

Selon Pierre Chapoutot :

1946 est également l’année de composition d’un petit roman de Georges Sonnier, sobrement intitulé Meije, qui a reçu en 1950 le Grand prix littéraire de la montagne. Publié juste après la guerre, ce roman est fortement influencé par l’expérience personnelle que Sonnier a vécue pendant le conflit. A l’opposée de Saint-Loup, écrivain collabo, Sonnier a été un écrivain-résistant qui est sorti moralement blessé de l’épreuve. Du coup, il a cherché à faire de la Meije, montagne vénérée, un lieu d’apaisement et de réconciliation - tel est l’objectif de ce « récit ». Je laisse à d’autres le soin de juger si c’est réussi ou pas – pour ma part je trouve que ce bouquin a mal vieilli, avec son scénario tiré par les cheveux et sa pétarade de bons sentiments. Ce n’est pas méchanceté de ma part : Sonnier est un bel écrivain porteur d’un message humaniste, et c’est dans le témoignage et la réflexion philosophique qu’il donne vraiment sa mesure.


  • Une critique (en anglais) parue dans l'American Alpine Journal en 1953


23 janvier 2008

Petite collection Deleatur - Pierre Laurendeau & Pierre Charmoz

Série de 3 mini-livres
Editions Deleatur


  • La Voie de la Montagne - Pierre Laurendeau (1995)

Pour quel étrange motif un géographe du XVIIIème siècle a-t-il altéré la carte de la vallée Étroite, dans les Alpes briançonnaises ?

  • Première ascension népalaise de la tour Eiffel - Pierre Charmoz (1995)

Les tribulations d’une expédition népalaise venue conquérir la tour Eiffel par la face ouest-nord-sud-est.

  • Aubergenville 2000 - Pierre Charmoz (2000)

Aubergenville, nouvelle station de sports d’hiver en Val de Seine ? Tout peut arriver à la veille de l’an 2000...

20 janvier 2008

Pastis au Mont Blanc - Jean-Luc Cadenel

Pastis au Mont Blanc - Jean-Luc Cadenel
Edité courageusement à compte d'auteur - Février 2005



pastis nom commun - masculin ( pastis ) Définition :



1. boisson alcoolisée à base d'anis et d'autres plantes anisées, servie le plus souvent à l'apéritif, diluée dans de l'eau (Midi) (un verre de pastis avec des glaçons)
2. situation ennuyeuse et embrouillée (familier; Midi; vieilli) Synonyme: désagrément (quel pastis! on n'en sortira pas de sitôt!)

La littérature de montagne et d'alpinisme est parfois bien sérieuse. Il a fallu attendre la naissance de la petite collection chez Guérin pour que ce petit monde commence à se dérider, en particulier grâce à Dominique Potard. Jean-Luc Cadenel surfe sur cette vague(lette) avec Pastis au Mont Blanc.

Assurémment, le récit de l'aventure de quatre marseillais béotiens en matière de montagne et d'alpinisme à la conquête du Mont Blanc se revèlera être un sacré pastis...

Je n'en raconte pas plus... Les portraits sont plutôt bien croqués, le rythme est là, et sur une thématique de fond sérieuse (protection de l'environnement) mais traitée sur le ton de l'humour, l'auteur nous livre un ouvrage plutôt sympathique.

18 janvier 2008

La Montagne des Autres - Bernard Amy

La Montagne des Autres - Bernard Amy
Arthaud - Coll. Sempervivum n°55 - 1972
Perret 0096



Il est de ces livres souvent loin d'être parfaits d'un point de vue littéraire (quoique...), qui prennent parfois la forme d'une laborieuse dissertation d'un étudiant en sciences humaines (P.Chapoutot) mais qui vous émeuvent... Tout simplement.

Bernard Amy nous emmène bien loin des difficiles et techniques voies des Alpes, encore plus loin de l'Himalaya. C'est l'époque où on montait une expédition pendant les vacances, sans sponsor et en rejoignant le pied de grands massifs quasi-inconnus, en combi VW avec des copains ou des inconnus. La Turquie était aux portes de l'europe mais c'etait déjà l'Orient, mythique et mystérieux avec son parfum d'aventure et de découvertes.

D'alpinisme, il en est bien sûr question. Mais il n'est ici qu'un prétexte pour partir à la rencontre d'un peuple montagnard par essence : les Kurdes.

C'est à cette démarche à contre-courant que nous invite B. Amy.

La montagne oubliée - Paul Keller

La montagne oubliée parcours et détours- Paul Keller
Editions Guérin - 2005
Exemplaire n° 835 (1000 exemplaires numérotés sur un tirage de tête de 2500 exemplaires)




Paul Keller, pasteur de l'Eglise Réformée, guide de haute-montagne en retraite, ancien président du Syndicat National des Guides, ancien professeur à l’ENSA, a participé aux expéditions françaises en Himalaya en 1956 (Tour de Mustagh) et en 1962 (Jannu). Il est membre de l’OPMA, l’Observatoire des pratiques de la Montagne et de l’Alpinisme.

Un ouvrage curieux par sa structure, en deux parties très distinctes.
La première relate notamment comment deux expéditions concurrentes - initialement parties en reconnaissance en 1956 au pied de la Tour de Mustagh (7284 m) - vont révolutionner l'himalayisme en créant le concept d'ascension légère sans la logistique lourde d'assaut et de siège de ces grandes faces. Cette partie renferme le principal intérêt de cet ouvrage.

Dans la seconde partie, l'auteur se livre à des reflexions relativement classiques sur l'évolution de l'alpinisme, inspirée par sa pratique et ses différents mandats dans les instances représentatives du monde de la montagne.

Mustagh Tower Source: Maciej Sokolowski
Mustagh Tower Source: Maciej Sokolowski

16 janvier 2008

Un forum sur les livres de montagne

L'incontournable Daniel Masse a récemment redonné un petit coup de jeune au seul forum francophone (à ma connaissance) dédié à la littérature de montagne et d'alpinisme.

Il reprend par ailleurs toutes les archives de l'ancien forum : c'est une mine d'informations !
N'hésitez donc pas à venir y faire un tour et y partager vos lectures et coups de coeur.

screenshot forum Dan Masse

6 janvier 2008

Ce monde qui n'est pas le nôtre - Robert Tézenas du Montcel

Ce monde qui n'est pas le nôtre - Robert Tézenas du Montcel
Gallimard nrf - Avril 1965 - 1ère édition
Perret 4238



Ancien Président du Groupe de Haute Montagne (GHM), Robert Tézenas du Montcel nous livre quelques unes des plus belles pages sur le Grand Alpinisme d'entre-deux guerres. Si l'ouvrage n'est au final rien de plus qu'un recueil de souvenirs et de récits de courses, il tente - avec le recul - de nous faire partager l'élan de ces alpinistes à une époque où la compétition n'avait pas encore pris le pas sur le plaisir d'être en montagne.

Comment s'évader des cadres imposés qui se resserrent autour de lui ? Il n'est plus de montagne qui ne soit menacée de l'afflux de la foule. Il n'est plus de sommet dont les itinéraires ne soient décrits dans des guides si minutieusement rédigés qu'il n'est pas une fissure de rocher accueillante aux pitons qui n'y soit signalée, pas un mouvement d'escalade qui n'y soit décomposé comme à l'exercice. Où donc, dans des avenues aussi rigoureusement tracées, exercer, non plus seulement sa force et sa souplesse, mais son esprit d'invention, d'initiative et de décision ? Où, surtout, cueillir les fleurs des jardins de ses rêves ? On s'emploie à protéger la nature. Ne serait-il pas temps de respecter aussi le goût du mystère dans le coeur de l'homme ?

Je rêve parfois d'un guide qui répondrait à ce souhait. Chaque montagne y aurait droit à son image en pleine page. Des ombres savantes en feraient valoir les belles formes et les heureuses proportions. Un léger nuage en voilerait à demi le sommet et ne laisserait deviner que des lignes fugitives. Les itinéraires, indiqués avec une marge convenable d'incertitude, se limiteraient aux seules voies logiques, celles que suggère la structure de la montagne, à l'exclusion de toutes autres. Un pointillé lâche - et non le grossier trait plein - donnerait à l'esprit le loisir de s'évader entre les points. Chaque cime et chaque itinéraire feraient l'objet d'une appréciation générale fondée, non sur son intérêt acrobatique, mais sur son intérêt alpin, parfois tout autre. La difficulté y serait évoquée avec tact et discrétion : « Pour artiste... Pour homme d'affaires... Pour audacieux... Pour téméraire... » De grands espaces blancs laisseraient les yeux aller de l'image qui s'impose au texte rare qui se dérobe. Alors, l'esprit, ouvert à toutes les séductions du pointillé, pourrait se livrer à des combinaisons mystérieuses entre « l'artiste » et « le téméraire », avant de revenir à la page blanche, plus mystérieuse encore, face à l'image de la montagne.

Et qui sait si, en définitive, le meilleur guide ne serait pas celui dont toutes les pages seraient blanches ?




10 décembre 2007

Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer

Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer
Presses de la Cité - mars 1998
Egalement édité chez Guérin (nombreuses photos inédites) en 1998





Printemps 1996, Outside Magazine envoie Jon Krakauer couvrir un reportage sur l'Everest (versant Népalais) au sein d'une expédition commerciale menée par Rob Hall. (article d'ailleurs disponible en ligne: Into Thin Air). Après la publication de l'article, Jon Krakauer s'aperçu qu'il avait encore plus à dire au sujet de l'expédition qu'il venait de vivre qu'il en écrit ce livre.

Cette année là, douze personnes ont trouvé la mort sur l'Everest dont 8 pour la seule journée du 10 mai, un nombre record. Beaucoup d'entre eux appartenaient à l'expédition de Robert Hall. Mais il apparait également qu'un nombre record de personnes se trouvaient sur les pentes du toit du monde cette année.

Embouteillage

Un ouvrage d'une intensité dramatique et émotionnelle du début à la fin. L'environnement le veut. La lutte pour le sommet de l'Everest est longue et difficile, nécessite des semaines d'acclimatation, un assaut progessif de la montagne en établissant des camps successifs avant de finalement de se lancer pour -peut-être- atteindre le sommet; et avec de la chance.

Il existe une certaine controverse (pour ne pas dire une controverse certaine !) sur les expéditions commerciales. La question étant: si vous n'êtes pas capable d'aller là-haut seul, devriez-vous vous y trouver ? Il s'avère qu'un certain nombre des personnes qui y sont restées (ou ne sont pas passées très loin...) dépendaient de guides et Sherpas pour faire ce sommet et n'auraient jamais réussi sans leur aide.

On est vite fasciné par cet environnement et par les hommes et les femmes qui ont osé y entrer. Ils semblent d'une détermination sans faille. L'endurance humaine est poussée à sa limite. Mais après un court laps de temps, J. Krakauer nous pousse à nous interroger sur la motivation de ces gens et le point de vue du lecteur passe successivement de l'étonnement, puis admire la détermination voire même l'obsession, et conclut sur un manque évident de pensée rationnelle (hypoxie ?).

Au-dessus de 8000 mètres, on entre dans la zone de la mort. Cela devrait être suffisant faire rester à l'écart un être doué de raison. Mais non. Ces alpinistes, parfois presque amateurs, y affluent encore et encore. On connait pourtant les risques: gelures, oedêmes cérébraux et pulmonaires, chutes mortelles, cadavres à enjamber pour atteindre le sommet, tout n'est que souffrance...

Jon Krakauer va donc nous raconter cette journée du 10 mai 1996. 3 expés différentes s'élancent du Col sud (Camp IV) pour le sommet. Son histoire a provoqué un débat passionné sur les événements survenus ce jour sur et sous le sommet, même parmi les alpinistes qui étaient sur la montagne à ce moment là. Des guides sont morts pour emmener leurs clients à 70 000 $ au sommet, à tout prix. Quand bien même ces clients n'ont jamais été capables de redescendre. La faute à cette obsession du sommet, une météo imprévisible, une préparation et une acclimatation baclées ? Se trouver dans la zone de la mort éxonère-t-il d'abandonner un camarade en difficulté, au risque de compromettre SON sommet ? Le débat est multiple. Chaque erreur, minime sur des montagnes normales eu des conséquences dramatiques.

2 décembre 2007

L'avalanche - Jacques Boell

L'avalanche et six autres nouvelles sur thèmes alpins - Jacques Boell
Editions Fernand Lanore - 1973




Montagnard accompli (il appartient au Groupe de Bleau et ouvrit des voies majeures en Oisans), Jacques Boell publie chez Lanore en 1973 ce recueil de 7 nouvelles consacrées non pas à l'alpinisme mais ayant pour cadre la Montagne. Ces nouvelles sont tour à tour mystérieuses, humoristiques, psychologiques ou romanesques. Toutes dans un style fort agréable à lire.
L'amateur de littérature d'alpinisme n'y retrouvera peut-être pas son compte (quoique...) mais l'amateur de livres de montagnes, certainement.

Jacques Boell nous y dépeint l'environnement montagnard avec une relative noirceur. Une montagne qui ne fait pas de concessions aux hommes ou qui n'est là qu'en cadre, mais celui d'une vie teintée de rudesses ou d'évènements dramatiques. Boell conclut cependant sur des expériences personnelles, dans un genre similaire à Saint Loup dans La Montagne n'a pas voulu (en plus court cependant), où il tente de nous démontrer qu'elle (la montagne) n'est pas si mangeuse d'homme qu'il a bien voulu nous le faire croire. Car ce ne sont après tout que des nouvelles...

16 novembre 2007

Voyages dans les Alpes - Horace Benedict de Saussure

Voyages dans les Alpes, précédé d’un essai sur l’histoire naturelle des environs de Genève - Horace Benedict de Saussure
4 volumes publiés entre 1779 et 1796 - Neuchâtel et Genève



Que mon banquier se rassure (s'il me lit...): je n'ai pas déboursé les 8 à 10 000 € que représentent ce lot des 4 volumes de l'édition originale d'un des ouvrages fondateurs de la littérature de montagne.

Mais tout n'est pas perdu ! Initiée par Google et désormais lancée par toutes les grandes bibliothèques européennes, la numérisation des ouvrages est en marche. Pour notre plus grand bonheur. En France, la BnF vient juste de mettre en ligne la version 2 ''Beta'' de Gallica qui recèle quelques trésors, dont celui-ci.

Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799), professeur à l'Académie de Genève, pédagogue, citoyen actif, savant universel, est surtout connu comme le plus important découvreur des Alpes. Ses Voyages, publiés de 1776 a 1796 en 4 volumes, communiquèrent aux lecteurs de toute l'Europe sa passion des montagnes, son désir de compréhension scientifique et les bonheurs goûtés aux paysages. Dans ce monument, Saussure regroupe plusieurs voyages: le massif du Mont-Blanc, le passage du Mont-Cenis, des excusions sur la côte d'Azur et en Provence, enfin le court récit de ses visites au Saint-Gothard et aux lacs italiens. L'ouvrage obtint un succès considérable et fut tout de suite traduit en allemand et en anglais. En 1834, puis en 1852 les Voyages intéressaient encore un public suffisamment large pour que soient rendues nécessaires des rééditions.

Saussure n'est pas un érudit confiné dans sa bibliothèque. son laboratoire est la nature, et la montagne son champ d'expérimentation. Le savant s'intéresse à tous les domaines de la connaissance: géologie, zoologie, botanique, glaciologie. Sa contribution aux progrès de la météorologie est considérable, grâce a l'ingéniosité des instruments qu'il met au point. Le changement du regard porté sur la montagne entraîne aussi une attitude nouvelle envers ses habitants, permettant à Saussure de dessiner des figures attachantes: le chasseur de chamois, le cristallier, le moine secourable, le guide aux jarrets solides deviennent les archétypes d'un peuple courageux, honnête et plus éclairé qu'on ne le pensait alors. Saussure assiste aux fêtes, s'attable avec les familles, regarde faire les semailles et les moissons, visite les mines, se documente sur la production agricole: une première ethnologie alpine se dessine. Un texte riche et dense de Saussure — par ailleurs remarquablement écrit. Unil.ch


A vrai dire, je n'ai pas encore eu le temps de parcourir en détail les 2300 pages que nous a légué H.B. de Saussure. mais je vous les propose en téléchargement (source BNF)







4 novembre 2007

La montagne c'est pointu - Pierre Chapoutot

La montagne c'est pointu - Pierre Chapoutot
Edité à compte d'auteur - 1997 - (magnifique) Préface de Roger Canac
Quasiment introuvable



Pierre Chapoutot décide de compiler, en 1997, une partie de 30 ans de production littéraire consacrée à l'alpinisme. Ces extraits d'articles voire même de pamphlets (qui vaudront un départ fracassant de la rédaction de la Montagne & l'Alpinisme) lui permettent de développer une vraie philosophie de la pratique alpine. Une pratique respectueuse de l'environnement (mais pas écolo), irrévérentieuse (et presque anar) et surtout, une pratique Amateur, empreinte de camaraderie, dont il se revendiquera toujours.

Mais le Chaps a d'autres talents littéraires, certes moins revendicatifs mais toujours avec l'ambition de faire réfléchir sur les pratiques et l'évolution de l'alpinisme, qui feront de lui l'un des fondateurs de l'iconoclaste revue Passage que j'ai eu l'occasion d'évoquer à plusieurs reprises sur ce blog (Passage n°1, Passage n°2, Passages, Anthologie).

P.Chapoutot excelle enfin dans le récit de voyages et dans le genre particulier de la monographie montagnarde (notamment celle du Mont Aiguille, publiée dans le présent ouvrage).

A noter, pour conclure, un article intitulé Le livre et la montagne, plutôt sévère pour la littérature de montagne et d'alpinisme :

Il reste que cette littérature d'alpinistes, si elle se caractérise par son abondance, reste qualitativement d'une grande pauvreté, au point de déboucher trop souvent sur une espèce de littérature naïve, qui est à l'autre ce que le palais du facteur Cheval est à l'art gothique, et dont la comtesse de Ségur est à chercher du côté du Terray des Conquérants de l'Inutile - la palme de la nullité revenant très vraisemblablement au récit d'expédition, à quelques exceptions près, aussi rarissimes que significatives, comme La Montagne des Autres de Bernard Amy.



Sa disparition accidentelle, en 2006, fait de ce rarissime ouvrage, une sorte de testament littéraire.

L'essentiel n'est-il pas d'éprouver dans l'escalade son propre plaisir, plutôt que de cultiver cet agrément normalisé qui consiste à confronter les références des autres aux siennes propres ?


(au sommet de la Grande Casse) Je crois bien que j'aurais aimé rester là, avec une bonne grosse tomme et un coup de rouge...


... Il y eu pourtant des premières cet été-là, mais j'apprenais à les faire en catimini, par gourmandise, et c'était infiniment agréable. Je découvrais que l'alpinisme pouvait être jubilatoire, et la montagne autre chose qu'une simple caisse de résonance. J'allais donc me contenter d'être un amateur, au sens le plus samivélien du terme.



1 novembre 2007

Moments de Doute - David Roberts

Moments de Doute - David Roberts
Editions Guérin (par Delachaux et Niestlé) - 1997
Edition originale Moments of Doubt - The Mountaineers / Seattle 1986



Dans ce recueil d'articles écrits entre les années 65 & 85 pour divers magazines de montagne américains, David Roberts tente de nous éclairer sur ces moments décisifs et ces expériences intenses qui forgent le caractère des grimpeurs et alpinistes. En mélangeant habilement souvenirs personnels (non seulement journaliste, il est surtout un grimpeur émérite) et récits puisés dans l'histoire de l'alpinisme, David Roberts nous livre, avec une qualité d'écriture (même traduite) une analyse plutôt intéressante. A mi-chemin de l'enquète et du récit d'aventures.
On notera enfin une étude particulièrement bien vue et consacrée à un genre littéraire particulier : les autobiographies de grimpeurs (chap 9 - page 205)

On regrettera cependant les références trop nombreuses au monde de la grimpe US, qui enlèvent de nombreux repères aux lecteurs européens.


Message perso pour Alex : même en vacances je trouve le temps de lire et de bloguer (merci la fibre mauriennaise !). On se contacte sous peu ;-)

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