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Livres de Montagne - Une montagne de livres - page 2

Une montagne de livres

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Livres de Montagne

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28 octobre 2007

La Paroi - Pierre Moustiers

La Paroi - Pierre Moustiers
Editions Gallimard - nrf Collection Blanche - EO 1969
Grand Prix du roman de l'Académie Française



Qualifié par l'auteur lui-même de "roman de l'amitié et de ses antagonismes dans un monde où l'artifice n'a pas accès.", La Paroi est un ouvrage curieux, pour l'amateur de littérature alpine.

Un ouvrage qui se trouve plus être un essai littéraire sur fond d'intrigue psychologique - et se déroulant en montagne - qu'un réel roman de montagne.

Michel Ballerini, dans Le Roman de Montagne en France, ne s'y trompe d'ailleurs pas. Je reproduit ci-après son analyse :

(...) On pourrait penser qu'une oeuvre qui a remporté deux prix littéraires aussi différents que le grand prix de Littérature sportive et le grand prix du roman de l'Académie française, concilie aussi les exigences de l'alpiniste et celles de la littérature : en fait, La Paroi, de Pierre Moustiers, montre à quel point il est difficile de combler le fossé qui sépare les unes des autres. Cela est si vrai que les critiques ont été contradictoires, favorables ou non suivant qu'elles étaient le fait d'un spécialiste de la littérature ou de la montagne. Dans le journal Le Monde, Pierre-Henri Simon ne croit pas se « tromper en disant que ce récit d'une ascension difficile intéressera les spécialistes ». En quoi il se trompait puisqu'un « spécialiste » de La Montagne en a surtout retenu les invraisemblances et qu'il écrit : « Trop de choses sont ici artificielles, et d'abord les personnages et leur montagne ». Il suffirait de glaner au hasard dans le volumineux dossier de presse de l'éditeur pour citer encore d'autres critiques opposés. Alors, de quoi s'agit-il ?

Puisqu'il s'agit de montagne, quelle part occupe-t-elle dans le roman et quelle part l'alpinisme ? D'après l'auteur lui-même l'action se situerait dans une grande face nord de l'Oisans, mais il est bien difficile en réalité de mettre un nom sur cette montagne. Les descriptions peu nombreuses ne dépassent pas les généralités : quelques lignes sur l'horizon, sur le temps ; en l'absence de tout panorama complet ou quelque peu précis, la montagne reste une abstraction sans consistance. L'alpinisme ? Ecoutons l'auteur : « Mon problème a été de ne pas devenir pédant tout en restant technique. Il m'a fallu traduire en termes simples ce vocabulaire très particulier de la montagne. » Et reconnaissons que l'auteur n'a pas résolu le problème. Les descriptions techniques sont très mauvaises, car elles ne permettent pas au lecteur de s'imaginer la scène. En voulant être simple, P. Moustiers a été incomplet et ses descriptions sont incohérentes. Et s'il est facile de relever de nombreuses impossibilités — ce qui est plus grave que des invraisemblances, car celles-ci ont toujours le bénéfice du doute, les réalités alpines dépassant souvent la fiction —, si ces impossibilités sont nombreuses, c'est que le problème est faussé à la base : l'ascension dont il est question, dans les conditions décrites, est purement et simplement inimaginable, impossible. Le lecteur doit accepter cette condition dès le début du roman, sans quoi il ne pourrait continuer sans pousser les hauts cris. Pour le profane, cela est certainement possible ; pour l'alpiniste, le morceau est trop gros à avaler. Alors ? Alors La Paroi n'est pas un roman de montagne. Les critiques s'accordent à peu près sur ce point et l'auteur le reconnaît aussi : « La montagne n'est pour moi que le " cadre " de mon roman ; j'aurais pu écrire la même chose sur la mer (...). Seule la vérité psychologique m'intéresse, le décor importe peu. » Nous y sommes.

La Paroi est un roman intéressant dans la mesure où l'auteur essaie de saisir, en termes simples, les motivations profondes des personnages. P. Moustiers est comme l'un d'eux, « ce sont les mobiles secrets qu'il aimerait découvrir ». Il arrive à faire des analyses très riches en nuances, mais ces analyses portent à faux quand elles s'exercent sur les personnages en tant qu'alpinistes. Il y a bien ici et là quelques bonnes remarques (« Matériel neuf et de premier choix. Ce qu'on fait de plus moderne, de plus perfectionné. Besoin de se rassurer »), et quelques belles phrases (« Il monte et tout lui paraît mesquin en face de cette réalité (...), aucun artifice, aucune théorie dans son exaltation »), mais elles sont trop rares. L'intérêt de La Paroi est étranger aux choses de la montagne et il ne faut pas l'ouvrir en pensant lire un roman de montagne. L'intérêt du livre est ailleurs, dans une tentative — très caractéristique de notre temps — pour voir de quoi sont faites les actions humaines.

24 octobre 2007

Disparition de Michel Guérin

Tous les amateurs de livres de montagne connaissent les désormais fameux livres rouges (rouge comme les chaussettes et les pulls des alpinistes) des Editions Guérin.

Nous avons appris (news Kairn) aujourd'hui son décès.
Une bien triste nouvelle pour la littérature alpine.



En 1995, Michel Guérin quitte le monde de la publicité pour revenir à ses premières amours: le livre. Il fonde alors les éditions Guérin, spécialisée dans les livres de montagne. Classiques ou textes inédits, la rigueur éditoriale, le graphisme soigné et la couleur rouge vont faire de ses livres des références dans le monde passionné des amateurs de montagne.

Les Conquérants de l'inutile. Inaugurer un catalogue d'éditeur par ce titre était osé. Et pas uniquement pour des raisons de superstition ... C'est pourtant ce que fait Michel Guérin, en 1995, lorsque, après avoir été professeur d'histoire, libraire puis publicitaire, il se lance dans l'édition de livres de montagne à Chamonix. Or, l'ouvrage de Lionel Terray est un classique parmi les classiques de l'alpinisme. Michel Guérin le réédite pourtant sous la forme novatrice, pense-t-il, d'un texte illustré. La nuance avec le "beau livre de montagne" est d'importance. Il s'agit que le fil de la lecture ne soit jamais rompu par l'image, d'éviter que celle-ci ne devienne finalement une gêne au moment de goûter au texte. Aujourd'hui, ce premier livre a dépassé les 10 000 exemplaires. Une trentaine de titres plus tard, Michel Guérin reste fidèle à l'image qu'il s'est donnée, celle d'un éditeur amateur de montagne, ambitieux dans ses choix éditoriaux et ses innovations graphiques, fidèle à la couleur rouge qui dessine ses couvertures depuis les débuts. Au catalogue, on trouve les grands noms de l'alpinisme (Walter Bonatti, Reinhold Messner ...) comme ceux de la littérature et de la photographie de montagne (Roger Frison-Roche, Gaston Rébuffat ...). Les lecteurs ont donc suivi son ascension. Un monde de passionnés facilement identifiable. D'où une part importante des ventes réalisée par correspondance. Mais cela ne fait pas tout. Il faut des textes, il faut prendre des risques. C'est ce que fait l'éditeur en publiant un premier roman en 1997, Le Port de la mer de glace. Le bouche à oreille dans le milieu, puis au-delà, conduit le livre de Dominique Potard vers un succès inattendu à quelque 12 000 exemplaires. Autre risque en 2000, lorsqu'il publie Annapurna, une affaire de cordée, de David Roberts, une révision critique de l'ascension de l'Annapurna en 1950 racontée par Maurice Herzog dans son célèbre Annapurna, premier 8 000. Le scandale est grand, le succès du livre, qui désacralise l'alpiniste et homme d'État, aussi. La niche des sommets réussit à Michel Guérin qui, avec le sourire, tempère l'enthousiasme: "Un éditeur qui dit: ça va bien, c'est qu'il n'est pas mort ..." Même bien vivant. Au point de faire de récentes infidélités à la montagne avec la mer. Une histoire de famille.

Laurent Bonzon Source

21 octobre 2007

Max Melou - Prière sur le Mont Blanc

Max Melou - Prière sur le Mont Blanc
Editions Arthaud - Coll Sempervivum n°42 - 1967



L'avant-propos de R. Faure aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Ce livre a été écrit pour des skieurs.

Je n'ai pas l'habitude des jugements à l'emporte-pièce (du moins en matière de livres) mais cet ouvrage n'a pas grand chose à faire ni dans la collection Sempervivum, ni dans la bibliothèque d'un amateur de livres de montagne et d'alpinisme.

Non pas que le ski ne nous intéresse pas.
Mais tout, dans cet ouvrage, a mal vieilli : les sujets & les thèmes abordés, les références de l'auteur, le style en lui même; pompeux et (très) vaguement poétique ou philosophique.

Un bouquin lu en diagonale, qu'on s'empresse de refermer et qui, au final, (qu'on me pardonne le jeu de mot) est un peu relou.

14 octobre 2007

Guide de la montagne - [Collectif] sous la Direction de Steven M. Cox and Kris Fulsaas

Guide de la montagne Randonnée, Escalade, Alpinisme, Trekking, Expedition
Editions Guerin - Août 2007



Un ouvrage volumineux (555 pages) qui se veut, en parallèle de son grand frère le Guide de la Montagne (édité par le CAF), la somme des connaissances à posséder (idéalement...) par tout pratiquant de la montagne.

Nous sommes bien dans l'esprit du Cours des Glénans (que j'ai potassé quelques années avant de virer de bord...) : Tout est clair, expliqué de manière didactique avec de nombreux schemas. On ne le lit pas d'une traite, et telle une bible ou tout autre ouvrage à vocation religieuse ou philosophique, on y revient par petits paragraphes, au gré des envies ou des besoins (Choisir ses équipiers p 429 sera vraisemblablement pour beaucoup une page marquée...).

A noter que l'ouvrage est une adaptation d'un best-seller américain Mountaineering: The Freedom of the Hills dont la première édition remonte à 1960 et la dernière (7ème) de 2003, sous la direction de Steven M. Cox and Kris Fulsaas.

Une belle idée cadeau pour les fêtes (ne pas y voir de message subliminal, je l'ai déjà !)


Interview de Michel Guérin par TVMountain

Si vous ne voyez pas la video, vous pouvez la visualiser à cette adresse

La trilogie érotique de Pierre Charmoz

  • Cime et Châtiment, la Brigandine, 1982 (rééd. Guérin, 2001)

Couverture - Quatrième de couverture

  • La Montagne à seins nus, Deleatur, 1985 (rééd. Guérin, 2001)

Couverture - Quatrième de couverture

  • L'Héroïque aventure d'Henriette de Tourville sur la cime du mont Blanc, J. Gendrault, 1986 (rééd. Guérin, 2001)

Couverture - Quatrième de couverture



Ces trois ouvrages ont fait l'objet d'une réédition (désormais épuisée semble-t-il) sous coffret par Michel Guérin dans la Petite Collection.

Soyons non conformistes pour une fois. Transgressons, transgressons !!!

La littérature alpine (contrepétrie facile...) nous avait habitué à moult récits héroïques. Erotiques nettement moins.

3 (petits) ouvrages, un auteur - Pierre Charmoz (nom de plume) -, 3 exercices de style.
Forcément, la première fois ça surprend. Il y a les pour et les contre. L'art, le pastiche ou le porno.

De ces trois ouvrages, sortent particulièrement du lot Cime et Châtiment - qui sur le ton du roman policier nous emmène dans le microcosme chamoniard avec quelques bon mots (et portraits) et surtout L'Héroïque aventure d'Henriette de Tourville sur la cime du mont Blanc qui, en étant d'ailleurs le moins osé des trois, représente un fort bel exercice de style à la façon de la littérature de la fin du XVIIIè.

  • Du même auteur : Première ascension népalaise de la tour Eiffel, Deleatur, 1984 (rééd. Ginkgo, 2002)

29 septembre 2007

Les Guides ont leurs étoiles - Guy Belzacq

Les Guides ont leurs étoiles - Guy Belzacq
Editions Aubanel - EO 1958 dédicacée par l'auteur
Pour cet ouvrage l'auteur a reçu le grand prix de littérature sportive Tristan Bernard en 1958 décerné par l'Association des écrivains sportifs.



Un ouvrage atypique qui commence comme une fable, presque un conte philosophique et qui se termine en roman de montagne. Nous sommes bien loin du roman de montagne traditionnel... et du livre d'alpinisme encore plus. Michel Ballerini ne s'y trompe d'ailleurs pas en le qualifiant de "tentative, réussie, pour écrire un roman dans un style nouveau".

Ici tout tourne, tel... un astre, autour de l'homme et de son osmose avec la nature.

Deux personnages principaux. Un Vieux, le Jeune. Plus le souvenir du Père, Guide, mort sur La Montagne et une Mère omniprésente mais si discrète, si compréhensive. Et un défi : vaincre cette Montagne, la Grande Face.

Une bien belle ode au métier de guide.

  • Voila assurément un auteur du niveau de Sonnier du point de vue de l'écriture (difficile de ne pas faire de parallèle en lisant Le Combat Singulier).
  • La critique chez Daniel Masse

26 septembre 2007

Vacances d'Alpiniste - Frank S. Smythe


Vacances d'Alpiniste (Mountaineering Holiday) - Frank S. Smythe
Traduction de J & F. Germain
Ed. Arthaud - Coll. Sempervivum (n°2) - Juil 1948



Ouvrage écrit en 1940 par celui qui fut un des grands alpinistes de cette première moitié de siècle, Vacances d'Alpiniste a pour cadre les deux semaines de congés de sujets anglais dans les Alpes. Avec un humour certain (pour ne pas dire britannique), Frank S. Smythe nous décrit dans le détail ce qui est encore à l'époque une vraie petite expédition depuis la banlieue londonnienne jusqu'au coeur de l'Oisans, puis dans le massif du Mont Blanc. L'ouvrage est bien entendu prétexe à plusieurs récits de courses qui, malgré la simplicité avec laquelle ils sont décrits en feraient presque oublier leur difficulté...

Mais Frank S. Smythe profite également de cette tribune littéraire pour dénoncer la surfréquentation des alpes ou l'invasion des touristes en altitude mais également pour s'extasier sur ces plaisirs simples qu'offrent l'alpinisme et la pratique de la montagne.

Un ouvrage au final plutôt intéressant en tant que témoignagne sur la pratique de l'alpinisme amateur dans les années 40 mais que j'ai néanmoins trouvé un peu fastidieux à lire et manquant quelque peu d'originalité.


9 septembre 2007

La Face Voilée - Joe Simpson


La Face Voilée - Joe Simpson
Titre original : Dark Shadows Falling
Editions Glénat - Coll. Hommes et Montagnes - 09/1998



Joe Simpson, miraculé au Siula Grande (La Mort Suspendue), n'a pas abandonné la montagne, loin de là, puisque nous le retrouvons au Népal lors d'une tentative d'ouverture d'une nouvelle voie au Pumori.
Avec une conscience d'alpiniste désormais exacerbée, il observe dans cet ouvrage, avec un regard sans complaisance, le petit monde de l'alpinisme, et plus particulièrement celui de l'himalayisme.

L'ascension de l'Everest, sommet emblématique, est le point nodal de cet ouvrage et amène Joe Simpson à s'alarmer du gachis humain qu'engendre la quête à tout prix du Toit du monde. L'Everest est en effet littéralement embouteillé. Des créneaux favorables en méteo plutôt rares (ne manquez pas de lire Le Routeur des Cîmes à ce sujet), beaucoup (trop) de monde au Col Sud et au-dessus (ressaut Hillary) : expés nationales, expés commerciales, quelques soloistes et surtout des drames. Trop de drames. C'est la montagne direz-vous... Mais Joe Simpson regrette qu'au prétexte d'être dans la fameuse "Zone de la Mort", d'avoir payé une petite fortune pour se trouver là et de ne vouloir en aucun cas hypothéquer sa propre ascension, plus personne (à de rares exceptions près cependant) ne juge bon d'appliquer la solidarité et l'entraide montagnarde qui prévalent dans tous les autres massifs montagneux du monde.

Au final, au XXième siècle, on peut donc encore mourir de froid et de fatigue à 30 mètres de son prochain sans que ce dernier ne bouge le petit doigt.

Aujourd'hui, les "vrais" alpinistes sont tellement loin de ce battage commercial autour de l'Everest que l'on pourrait aussi bien dire qu'ils pratiquent un tout autre sport. Ils forment une élite, par rapport à laquelle tous les autres devraient se jauger. Au lieu de cela, notre sport souffre de cet étrange schisme, avec une élite qui se distancie discrètement de ce qui se passe sur les huit mille, comme si elle reconnaissait tacitement que ce n'est pas de l'alpinisme.


Passé ce constat, Joe Simpson propose quelques solutions pour redonner à l'Himalaya une partie de sa splendeur passée, et en particulier la possibilité d'interdire le recours à l'Oxygène et éventuellement aux cordes fixes. Le recours à un style "pur" (le style alpin) réservera les hautes altitudes uniquement à ceux qui en sont capables, physiquement et techniquement.

Un ouvrage plutôt bien écrit (traduit) malgré un cheminement un peu trop brouillon à mon goût.


PS : Joe Simpson fait à un moment référence à une photo du col Sud prise par Karl Huyberechts, publiée par l'entremise de Pierre Royer dans High Mountain Sports en 1993. Je serai très curieux de pouvoir y jeter un coup d'oeil si quelqu'un la possède !

1 septembre 2007

Geiger Pilote des Glaciers - André Guex


Geiger Pilote des Glaciers - récit par André Guex
Editions Arthaud - Coll. Sempervivum n°44 (édition revue et augmentée du Sempervivum n°26 de 1954)




Hermann Geiger, le pilote des glaciers, est entré vivant dans la légende. Au début des années 1950, il perfectionne (il ne fut pas le premier mais tous ses prédécesseurs se contenteront d'un coup d'essai) et popularise le vol et surtout l’atterrissage en haute montagne. Très vite, celui que l'on surnomme " l’Aigle de Sion " ou le " Saint-Bernard des airs " trouve propulsé au rang de héros national (suisse).

Saint Bernard, il le fut assurément, ne comptant pas les heures de vols pour secourir ou aider son prochain, qu'il fut guide, montagnard, gardien de cabane ou même... chamois affamé en plein hiver.

Plus que la découverte d'une technique particulière, cet ouvrage est avant tout le portrait d'un homme fondamentalement tourné vers les autres et qui aimait comme personne ses montagnes valaisannes. Geiger, pilote d'avion avant tout, mais qui n'hésitera pas à défendre l'utilisation de l'hélicoptère en montagne en pilotant ces machines encore capricieuses et sensibles à l'aérologie avec brio.


Collection Sempervivum - Arthaud


Sempervivum : nom scientifique de la Joubarbe des montagnes

Sempervivum : (également et surtout) nom d'une des plus fantastiques collection de livres de montagne et d'alpinisme. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Benjamin Arthaud lance la célèbre collection « Sempervivum » dirigée par Félix Germain qui assurera avec son épouse Jeanne de nombreuses et excellentes traductions d'un certain nombres d'ouvrages de la collection. Pendant trente ans sortiront ainsi des ouvrages consacrés à l’étude ainsi qu’à l’exploration de la montagne (plus de soixante), et en particulier Annapurna, premier 8000 de Maurice Herzog, 1er "best-seller" mondial du genre et grand succès d'édition...

Emblème Sempervivum - Arthaud

  • Sempervivum N° 1 Sir Francis YOUNGHUSBAND - L'Epopée de l'Everest - 1949
  • Sempervivum N° 2 Frank S. SMYTHE - Vacances d'alpiniste - 1948
  • Sempervivum N° 3 James Ramsay ULLMAN - La Grande conquête - 1950
  • Sempervivum N° 4 SAINT-LOUP - La Montagne n'a pas voulu... - 1949
  • Sempervivum N° 5 Giusto GERVASUTTI - Montagnes, ma vie - 1949
  • Sempervivum N° 6 Pierre ALLAIN – Alpinisme et Compétition - 1948
  • Sempervivum N° 7 Eric SHIPTON – Sur cette montagne - 1950
  • Sempervivum N° 8 Felice BENUZZI - Kenya ou la Fugue Africaine - 1950
  • Sempervivum N° 9 Jean SARENNE - Trois curés en montagne - 1950
  • Sempervivum N° 10 SAINT-LOUP - Monts Pacifique - De l'Aconcagua au Cap Horn - 1951
  • Sempervivum N° 11 Frank S. SMYTHE - L'Aventure Alpine - 1951
  • Sempervivum N° 12 Etienne BRUHL - Variantes. Nouvelles et pastiches. 1951 (souvent référencé sous le n°13)
  • Sempervivum N° 13 Jean VERNET - Au Coeur Des Alpes - 1951
  • Sempervivum N° 14 SAMIVEL - Contes A Pic - 1951
  • Sempervivum N° 15 Anderl HECKMAIR - Les trois derniers problèmes des Alpes - 1951
  • Sempervivum N° 16 Maurice Herzog - Annapurna Premier 8000 - 1951
  • Sempervivum N° 17 C. KOGAN / N. LEININGER – Cordillère Blanche - 1952
  • Sempervivum N° 18 Bernard PIERRE - Escalades au Hoggar - 1952
  • Sempervivum N° 19 H.W. TILMAN - Everest 1938 - 1952
  • Sempervivum N° 20 Alain de CHATELLUS – Alpiniste Est-ce toi ? - 1953
  • Sempervivum N° 21 G. CHAVALLEY – R. DITTERT – R. LAMBERT Avant-premières à l'Everest - 1953
  • Sempervivum N° 22 H.W. TILMAN - Deux Montagnes Et Une Rivière - 1953
  • Sempervivum N° 23 Henri ISSELIN - La Barre des Ecrins (4.102m.) - 1954
  • Sempervivum N° 24 Gaston REBUFFAT - Etoiles et Tempêtes (Six Faces Nord) - 1954
  • Sempervivum N° 25 Charles S. HOUSTON. Robert H.BATES - K 2. Montagne sans pitié - 1954
  • Sempervivum N° 26 André GUEX - GEIGER PILOTE DES GLACIERS - 1954
  • Sempervivum N° 27 James Ramsay ULLMAN - TENZING DE L'EVEREST - 1955
  • Sempervivum N° 28 Tom LONGSTAFF - Mon Odyssée Montagnarde - 1955
  • Sempervivum N° 29 Jean FRANCO – Makalu - 1955
  • Sempervivum N° 30 Jean RIVOLIER - Médecine et Montagne - 1956
  • Sempervivum N° 31 Henri ISSELIN - LA MEIJE - 1956
  • Sempervivum N° 32 Gilbert TOULOUSE - MONTAGNE RETROUVEE - 1957
  • Sempervivum N° 33 Ardito DESIO - La conquête du K2 - 1956
  • Sempervivum N° 34 Wilfrid NOYCE - Everest, notre Conquête ? - 1958
  • Sempervivum N° 35 Georges LIVANOS - Au delà de la verticale - 1958
  • Sempervivum N° 36 Hermann BUHL - Buhl du Nanga Parbat - 1959
  • Sempervivum N° 37 Henri ISSELIN - Les aiguilles de Chamonix - 1961
  • Sempervivum N° 38 Walter BONATTI - A MES MONTAGNES - 1963
  • Sempervivum N° 39 Tita PIAZ - Le Diable des Dolomites - 1963
  • Sempervivum N° 40 Marcel COUTURIER - LE GIBIER DES MONTAGNES FRANCAISES - 1964
  • Sempervivum N° 41 Toni HIEBELER - COMBATS POUR L'EIGER - 1965
  • Sempervivum N° 42 Max MELOU - Prière sur le Mont Blanc - 1967
  • Sempervivum N° 43 Pierre MINVIELLE - La conquête souterraine - 1967
  • Sempervivum N° 44 André GUEX - GEIGER PILOTE DES GLACIERS - 1967 (l'un des deux Sempervivum à avoir été édité sous deux numéros différents)
  • Sempervivum N° 45 Max LIOTIER - CELUI QUI VA DEVANT - 1974
  • Sempervivum N° 46 Henri ISSELIN - LA MEIJE - 1967 (l'autre Sempervivum à avoir été édité sous deux n°)
  • Sempervivum N° 47 Charles Pierre PEGUY - Ces montagnes qui flottent sur la mer - 1973
  • Sempervivum N° 48 Jean CHATEAU - Le Chemin De Clarabide - 1970
  • Sempervivum N° 49 Max LIOTIER - LES SEIGNEURS DE LA NEIGE - 1970
  • Sempervivum N° 50 Paul DREYFUS - Sylvain Saudan skieur de l'impossible -1970
  • Sempervivum N° 51 COLLECTIF - Alpinisme moderne - 1971
  • Sempervivum N° 52 Pierre MAZEAUD - Montagne pour un homme nu - 1973
  • Sempervivum N° 53 Michel BALLERINI - Le roman de montagne en France - 1973
  • Sempervivum N° 54 Chris BONINGTON - Annapurna face sud -1972
  • Sempervivum N° 55 Bernard AMY - La Montagne des autres - Alpinisme en pays kurde -1972
  • Sempervivum N° 56 Henri ISSELIN - Du côté de l'Aiguille Verte. 1972
  • Sempervivum N° 57 Robert PARAGOT / Yannick SEIGNEUR - MAKALU Pilier ouest - 1972
  • Sempervivum N° 58 JL. LUMPERT - Les Compagnons de l'Alouette - 1973
  • Sempervivum N° 59 Claude & Philippe TRAYNARD - Ski de montagne - 1974
  • Sempervivum N° 60 Reinhold MESSNER - Le 7ème Degré - 1975
  • Sempervivum N° 61 BUSK - Armand Charlet, portrait d'un guide
  • Sempervivum N° 62 Toni HIEBELER - SOS ROC ET GLACE - 1976
  • Sempervivum N° 63 Reinhold MESSNER - DEFI DEUX HOMMES UN 8000 - 1977
  • Sempervivum n° 64 Cecily WILLIAMS - Dames alpinistes



Je n'ai pu identifier à quels ouvrages correspondaient les Sempervivum n°46, 58 et 61 et si le n°63 est bien le dernier de la collection.
Merci pour votre aide éventuelle !! Merci à Dan Masse pour les infos manquantes ! Emblème Sempervivum - Arthaud

26 août 2007

Le Chemineau de la Montagne - Jacques Dieterlen

Le Chemineau de la Montagne - Jacques Dieterlen
Editions Flammarion - Coll. La vie en montagne
Préface de Henry Ripert - EO. Oct 1938





Chemineau : « Personne qui parcourt les chemins, en vivant au jour le jour »

Ouvrage biographique écrit à partir de la correspondance, des carnets de route et des renseignements fournis par les amis de Léon Zwingelstein.

L'alpinisme compte quelques personnages singuliers, qui semblent égarés par erreur sur notre planète, et ne paraissent retrouver leur patrie que dans le monde magique de l'altitude (Sylvain Jouty). Léon Zwingelstein fait partie de ceux qui sont revenus du front de Verdun ou de la Somme. Des poilus survivants plus tout à fait des hommes, ou plutôt qui ne trouvent plus leur place parmi les hommes.

Si ce récit est certes l'histoire du plus fantastique raid à ski jamais réalisé à cette époque : Grenoble - Nice - Chamonix - Zermatt - St Moritz - Davos - Brigue. Raid longuement et scientifiquement préparé, réalisé seul, en autonomie quasi complète.
Il est également l'histoire d'un homme, perdu dans la société (ne disait-il pas que sa chambre à Grenoble, n'était qu'un bivouac parmi les hommes ?), à la recherche d'un idéal de vie, d'une sérénité.

Cet idéal, c'est la montagne. Un massif, l'Oisans, où naîtra cette attirance. Les Alpes Suisses, où son osmose avec le milieu montagnard trouvera son apogée.

Le moyen d'atteindre cet épanouissement et cetet sérénité : ce raid, réalisé en 1933, suivi par un second dès 1934 où il escaladera en hiver & en solo une bonne partie des 4000 suisses, Zwing réalise avant toutes choses un véritable voyage initiatique, qui nous plonge dans les sources et les raisons profondes de l'amour d'un homme pour la Montagne mais qui pose également les bases d'une éthique du ski-alpinisme et du raid en altitude.
Zwingelstein n'était pas un alpiniste médiatique (guide-écrivain ou écrivain-alpiniste), mais un amateur éclairé, passionné dans la lignée des Sans-guides des années 30. L'ouvrage de Jacques Dieterlen a donc le mérite de (re)mettre au premier plan (il ne l'aurait pas souhaité de son vivant) et de transmettre à des générations de montagnards le testament spirituel de cet attachant personnage.

  • Un dossier très bien documenté sur Bikouak.net
  • La réédition de cet ouvrage, en 1996 chez Arthaud, est également désormais épuisée. On trouve néanmoins quelques exemplaires anciens ou plus récents assez facilement sur le marché de l'occasion.


Flash

25 août 2007

Montagnes, Histoire et Chronologie - Eberhard JURGALSKI, Cedric LARCHER


MONTAGNES HISTOIRE ET CHRONOLOGIE par Eberhard JURGALSKI & Cedric LARCHER Edition du Fournel - 2005 - tiré à 300 exemplaires



Un ouvrage un peu spécial dans cette rubrique aujourd'hui puisqu'à la différence des autres, il est essentiellement utilitaire. En effet, pas de photos, ni de récit d'ascensions. Juste une imposante chronologie de l'histoire de l'alpinisme qui, avec plus de 2250 dates, plus de 1380 alpinistes célèbres de toutes nationalités, plus de 1000 noms de sommets ainsi que les informations sur la technique employée, représente un travail de mémoire indispensable et un outil documentaire de premier ordre.

J'espère que Cédric Larcher qui lit également ce blog (et qui anime l'excellentissime Kairn.com) ne m'en voudra pas de reproduire ici la jolie préface de Guido Magnone qui, tout en soulignant l'ampleur du travail de collecte, en rappelle la longue histoire.


Il y a diverses façons de s'approprier la montagne. De donner au songe Montagne une justification. Il y a la forme brute du conquérant qui, assumant tous les risques et au prix d'efforts insensés de rusticités subies et mêmes assumées veut pour posséder, porter sa personne sur l'extrémité même de l'altière partie de l'objet du désir.
Il y a aussi des hommes mais en très petit nombre qui discrètement enregistrent, notent, apprécient. balisent, chiffrent, répertorient. Bref, ceux qui ne veulent rien perdre, pas la moindre miette de la fabuleuse épopée de la Montagne. Ceux-la au début de l'histoire, celle des premiers balbutiements de la conquête alpine, se sont presque essentiellement cantonnés en Europe où tout à commencé. Puis la recherche de cimes à la réputation meurtrière s'est tout au long du XXe siècle démultipliée. Que dis-je, s'est centuplée et étendue sur la plus grande partie des continents.
De par son privilège, celui de posséder les sommets les plus éthérés du globe, l'Himalaya, la monstrueuse protubérance géologique issue de la formidable poussée du sous continent indien en est devenu la terre d'élection et y à pris d'autant plus largement sa place qu'au sommet même on s'est bientôt trouvé dans l'obligation d'adjoindre la moindre arête, face ou couloir pour peu que celui-ci présente quelque caractère alléchant.
Et depuis, toutes ces innombrables nouvelles parcelles d'inconnue géologique sont impitoyablement traquées par I' homo alpiniscus épris de sportivisation, car on le sait bien celui-ci ne manque aucune occasion de relever le moindre défi. Cependant comme on le sait la terre est ronde, ses coins sont devenus rares et le champ de l'exploration verticale toute comme l'horizontale s'amenuise quasi journellement.
La part d'inconnue des dernières minuscules excroissances de la croûte terrestre est en passe de disparaître.
Pour l'aventurier de pointe, le grand risque aujourd'hui c'est le doublon. Et, à moins qu'il ne préfère l'aventure tempérée aux repères bien identifiés il importe au premier chef au violeur de cimes de savoir où il met les pieds.
Et par bonheur pour les alpinistes comme pour tout homme, il y en a parmi eux qui tiennent à l'histoire.
L'affaire à donc commencée il y a 74 ans quand Oscar Dyrenfurth de retour de son expédition au Jongson Peak voulu dresser la liste des plus hautes montagnes d'Asie. Cette initiative pionnière fut poursuivie notamment par l'explorateur et chroniqueur suédois Anders Bolinder.
Ces premiers enregistrements et les références géographiques qui les accompagnaient furent d'un si grand intérêt pour les alpinistes très conscients de leur importance qu'ils devaient déclencher tout au long de la seconde partie du XXe siècle mais cette fois de part le monde, du Japon à l'Italie, de l'Inde à l'Amérique, une bonne dizaine d'autres vocations. Des noms illustres comme Miss Hawley et Mike Cheney, grands spécialistes du Népal, ou encore Mario Fantin qui n'hésita pas à joindre l'interminable chaîne des Andes au grand Himalaya, apportèrent en continuité de leurs laborieuses contributions à ce travail monumental qui n'était plus assuré et pour cause depuis la fin des grandes expéditions nationales des années cinquante-soixante. Depuis, l'oeuvre installée fut nourrie, développée et mise à jour en permanence.
Tout au long des dernières décennies du siècle, venant de Pologne avec Jozef Nyka et Zbigniew Kowalewsky, de Slovénie avec Frenci Savenc, du Japon avec Tsunemichi Ikéda entre autre ont approvisionné cette précieuse collecte.
En 1982, l'allemand Eberhard Jurgalski vint seconder Anders Bolinder dans son travail de compilation et de correction des évènements marquants de l'alpinisme. A la mort de Bolinder en 1987, Eberhard reprend pleinement le flambeau avec passion. Dix ans plus tard, le très connu chroniqueur basque Xavier Eguskitza viendra lui apporter une très précieuse collaboration. Ils trouveront un bon relais au Japon avec Yuichi Matsuda, Kinichi Yamamori et Mahiro Tada, en Corée avec Nam Sun-Woo, en Russie avec Vladimir Shataev et Arkadi Klepinin pour parfaire leur travail.
En France, Cedric Larcher, que la mondialisation de la tâche, ni la persévérance d'une vie ne décourage, à pris fermement le flambeau et veille attentivement et scrupuleusement à cette indispensable collecte de nos mémoires. Devant eux, il y a un travail long, méticuleux, financièrement déficitaire et où l'investissement personnel est constant, solitaire et la gratification faible ou problématique.
Pourtant ce travail ingrat doit être fait, c'est notre bien précieux, celui de tous les alpinistes. Un Everest bien plus haut que les 8840 m du troisième Pôle et qu'il est impératif d'édifier, de compléter et surtout de préserver.

Guido Magnone


L'ouvrage peut être commandé aux Editions du Fournel

15 août 2007

Cartes Postales de la Vire - Greg Child

Cartes Postales de la Vire (Postcards from the Ledge) - Greg Child
Editions Guérin 2007
Réédition dans la "Petite Collection" d'un ouvrage initialement paru dans la collection Terra Nova

texte alternatif Cartes Postales de la Vire est un recueil (pour ne pas dire compilation) d'une trentaine d'articles consacrés à la montagne et l'alpinisme (parus pour la plupart dans l'américain Climbing magazine).

Avec un ton particuluièrment acide et humoristique, Greg Child s'attaque en particulier, et avec un malin plaisir, aux sujets qui fachent (un peu) : par exemple les détestables habitudes des himalayistes dans les camps de base.

Mais des papiers un peu plus journalistiques comme le retour sur la polémique de l'ascension de la face sud du K2 que Tomo Cesen n'aurait en fait jamais gravi ou la réhabilitation de Lydia Bradey qui serait bien la première femme a avoir fait l'Everest sans Oxygène amènent finalement le vrai ton de l'ouvrage, qui derrière un ton bon enfant (facile en s'appelant... Child), se veut quand même plutôt sérieux. texte alternatif

Passage n°2 - Cahiers de l'alpinisme

Passage n°2 - Cahiers de l'alpinisme
Editions Fernand Lanore - 1978



1978 : seconde édition de Passage, qui semble bien avoir agité le landerneau du milieu de l'alpinisme. Au delà des espérances de leurs auteurs ?

Je vous livre une nouvelle fois "l'édito" de cette édition qui résumera finalement bien mieux que moi la situation.


PASSANTS ET PASSAGERS

Pour certains « charabia ésotérique et abscons », « volonté de faire "littéraire" à tout prix, quitte à n'être pas très clair », pour d'autres « propos sérieux qui donne à penser », livre « donnant à la montagne un relief tout à fait nouveau », « effort à suivre avec un nouvel espoir » : comme le montre le courrier reçu et les discussions suscitées, le numéro I de Passage a provoqué des réactions très diverses.

Les plus marquées ont été soit de rejet, et le plus souvent orales, soit d'approbation et alors à peu près toutes écrites. Il ne faut sans doute pas s'étonner de cette double coïncidence.

Entre ces deux extrêmes, les lecteurs ont été dans l'ensemble « agréablement surpris ». Les alpinistes ont été étonnés, qui s'attendaient à n'y rien comprendre ; les non-alpinistes intrigués, qui avaient depuis longtemps étiqueté la littérature alpine comme « technique ». C'était un dialogue de sourds, chacun tenant l'autre pour incompréhensible. « Ne découragez pas les alpinistes, gens simples, écrit l'un d'eux, si vous ne voulez pas que Passage devienne seulement l'organe d'un petit cercle d'initiés », tandis qu'un lecteur étranger aux choses de l'alpinisme mais intrigué par ces gens qui grimpent, « trouve enfin un ouvrage dont le contenu change agréablement des "récits de courses" qui ne sont vraiment lisibles que par des initiés ». Initié ! Voilà le maître-mot ! Chacun habillait l'autre de cet adjectf, quelques-uns se plaisaient à se montrer ainsi habillés, beaucoup découvrent aujourd'hui qu'il y a un discours commun possible. Cette ouverture, à elle seule, justifie bien des efforts.

Une analyse plus fine montre cependant que Passage a été, dans l'ensemble, mieux reçu par les non-alpinistes que par les alpinistes. Ceux-là y sont entrés de plain-pied, tandis que ceux-ci se sont souvent bornés à survoler les pages les plus denses. Se sont-ils laissé décourager par l'idée qu'ils s'en faisaient a priori ? Ont-ils cru que nous avions délibérément choisi le langage des « intellectuels » sans chercher à nous faire comprendre des alpinistes ? Ce serait admettre un partage faisant à tout coup de l'alpiniste un non-intellectuel, ce serait ignorer que le monde de l'alpinisme est aujourd'hui plus diversifié qu'on le pense.
L'explication est ailleurs, et sans doute dans l'intensité de ce que vit l'alpiniste en montagne. Beaucoup trouvent sur les sommets une expérience d'une telle richesse, qu'il leur paraît vain de se demander pourquoi et dans quel état d'esprit ils y vont. N'ayant d'autre inquiétude que celle de pouvoir y retourner, ils ne se posent d'autre question que : par où et par quel moyen ?

La question reste ainsi posée : à qui s'adresse Passage ?

Tout en refusant le jargon gratuit et qui n'a rien à dire, qui ne peut rien dire hormis son impuissance, nous ne voulons pas nous interdire les textes difficiles. Il ne s'agit ici ni d'être élitistes, ni d'être démagogues. Ne s'adresser qu'à ceux qui, peu nombreux, suivent de prèsles faiseurs de mots nouveaux, serait vain. Mais vouloir plaire à tous ne serait possible qu'au prix de la complaisance. Redisons-le : les Cahiers de l'Alpinisme se veulent publication parfois difficile à lire où le non-alpiniste se heurtera à quelques mots techniques mais où, s'il va au-delà, il comprendra peut-être un peu cet homme qui depuis si longtemps pour lui se cachait derrière ses gestes et son matériel. Les Cahiers se veulent publication inhabituelle à la lecture de laquelle l'alpiniste sera parfois conduit à s'arrêter pour réfléchir, mais où il trouvera des passages de texte sur quoi exercer cette intelligence qu'il exerce si bien sur les passages de ses escalades. Les Cahiers se veulent lieu de rencontre, de réflexion, et ouvrage dont le titre : Passage, pour reprendre les termes du poète René Daillie, « fasse résonner quelque chose de très voisin... de ce qui est en poésie chemin, itinéraire ».
A ceux qui ont envie de nous lire, qui veulent parler et entendre parler de choses nouvelles, nous disons qu'il y a un lieu où nous nous entendrons. A ceux qui, comme littérature sur la montagne, ne supportent que les topos-guides, nous souhaitons bonne course. Mais de grâce, qu'ils nous laissent parler sans jeter l'anathème.

L'article de J. Bocognano sur l'alpinisme et la politique, et des textes comme celui de M. Ballerini sur les populations montagnardes, ont suscité réponses et commentaires. Nous présentons dans ce numéro ceux de Patrice de Bellefon et Pierre Chapoutot. Le premier s'est souvenu que la politique nous concerne tous et donc qu'en particulier la politique de la montagne intéresse ceux qui y vivent. P. Chapoutot, lui, sait que l'alpinisme, dans les Alpes comme hors des Alpes, peut servir d'alibi à toutes les politiques possibles.

Ces deux textes ne constituent pas des réponses définitives. Ils ouvrent plutôt un débat souhaité par J. Bocognano et que nous espérons pouvoir poursuivre dans les numéros à venir.
Il serait d'ailleurs inutile de chercher ici dans un texte une « pensée des Cahiers », une éthique propre à cette publication. Nous voudrions que l'on ne puisse pas dire : « Passage est pour ceci, contre cela », mais bien plutôt : « dans Passage, Untel est pour ceci, Untel est pour cela ». Peut-être un jour faudra-t-il constater la convergence d'un certain nombre d'idées émanant tant des membres du Comité que d'autres collaborateurs. Peut-être un jour, à force de certitudes, jetterons-nous aussi l'anathème...
Mais aujourd'hui nous disons qu'à travers d'authentiques écritures nous souhaitons faire de Passage une tribune libre.
Quant à ceux qui n'ont voulu goûter qu'à quelques miettes de Passage, pour tout de suite déclarer : « Pourquoi tant de pourquoi ? Ne suffit-il pas de tout simplement grimper ? », nous leur dirons que là-haut, bien des choses ont changé. Là-haut, le voyage égocentrique, le voyage au centre de soi-même est en passe de devenir impossible, et la vieille imagerie d'Épinal que s'est construite l'alpinisme fonctionne maintenant comme un leurre.
Pendant que nous, les alpinistes, nous grimpions, en bas le monde a évolué, et de façon irréversible ! La frange qui séparait le fameux « terrain de jeu » du territoire des autres est devenue de jour en jour plus étroite. En même , temps, un nombre croissant de gens s'est trouvé impliqué dans cette curieuse affaire qu'est l'ascension des montagnes, y apportant matériels, argents et idées de toutes sortes. Peu à peu, la haute montagne a cessé d'être une île, s'est rattachée au continent des hommes. Le désert de roc et de glace n'est plus désert, et l'alpinisme découvre qu'il est un fait social parmi d'autres dans un univers où il a à faire sa place.
Cet alpinisme, c'est aux alpinistes à le prendre en charge, à l'assumer, à dire ce qu'il est, ce qu'ils voudraient qu'il soit. Sinon, pendant qu'ils grimpent, d'autres dans la vallée le feront pour eux. Gare alors au retour de course !


La critique d'Yves Ballu dans la Revue "Montagne et Alpinisme" N°3 - 1978

12 août 2007

Palmarès du salon du livre de montagne de Passy 2007




Daniel Masse m'avait communiqué l'information dès ce matin.
Le site web de Passy vient de publier le palmarès complet :

GRAND PRIX DU SALON DU LIVRE DE MONTAGNE :

Mention Spéciale :

  • « Faux Pas » de Jean-Yves LE MEUR, Editions Glénat

Mention Spéciale :

  • « Femmes et montagnes » de Florence HERVE et Katharina MAYER, Editions Slatkine

PRIX MONDIAL DU LIVRE D’IMAGES DE MONTAGNE :

Mention spéciale :

  • « Pyrénées : montagnes sauvages » de Laurent NEDELEC et Louis ESPANISSOUS, Editions Hesse

Mention spéciale :

PRIX DE L’ETHNOLOGIE EN MONTAGNE :

  • « La collection IVAT - Vol. I - Du XIXème siècle aux années soixante »

Institut Valdotain de l’Artisanat Typique de Roberto VALLET et Nurye DONATONI, Editions Priuli et Verlucca

PRIX DES PAYS DU MONT BLANC :

  • « Par les volcans du Kamtchatka » d’Emeric FISSET et Julie BOCH, Editions Transboréal

Mention Spéciale : Catégorie Beau Livre

  • « Vivre avec le lynx » de Jean-Claude GENOT et Louis-Marie PREAU, Editions Hesse

Mention Spéciale : Catégorie Roman-Document

  • « La montagne-refuge : les Juifs au pays du Mont-Blanc » de Gabriel GRANDJACQUES, Editions La Fontaine de Siloé

PRIX DE LA MEILLEURE NOUVELLE DE MONTAGNE :

  • 1er Prix Philippe HUBERT – VAISON LA ROMAINE (84)
  • Mention Spéciale : Marie Madeleine NICO – PARIS (75)
  • Mention Spéciale : Claude Julien DUCARRE – ANNECY LE VIEUX (74)

11 août 2007

Rochers, neiges et sables - Pierre Dalloz

Rochers, neiges et sables - Pierre Dalloz
Editions Fernand Lanore - EO 1978



Nous retrouvons Pierre Dalloz, déjà évoqué plusieurs fois sur ce blog notamment pour sa contribution (posthume) à La photographie à l'assaut des Alpes et son recueil de photographies Haute Montagne.

Dalloz (voir son portrait par Henriette Gröll ci-après), grand résistant, architecte et alpiniste (ce qui nous intéresse - quoique l'aspect architecte risque d'intéresser Carlyne - auteur de l'intéressant blog Altitudes - Atelier d'architecture en montagne) - narre dans cet ouvrage ses souvenirs de courses en montagne et dans le désert.

Dalloz donne l'image d'un homme austère et son livre l'est également au final.

Même époque - même courses : autant un récit de course par Daniel Chalonge est plaisant et agréable à lire, autant Dalloz devient vite assez ennuyeux, quand bien même son style d'écriture est plutôt bien travaillé.

On retrouvera également une transcription de Zenith dans cette édition.

10 août 2007

Passage n°1 - Cahiers de l'alpinisme

Passage n°1 - Cahiers de l'alpinisme
Editions Fernand Lanore - 1977



En 1977, Bernard Amy et Jean Bocognano se lançaient avec d'autres (en particulier Pierre Chapoutot) dans l'édition d'une nouvelle revue pas comme les autres consacrée à l'alpinisme. Leur objectif est ambitieux. 7 numeros, et un peu plus tard une anthologie paraîtront. Une vraie curiosité dans la littérature de montagne et d'alpinisme.

Je vous livre ci-après le préambule à cette aventure littéraire :


PROPOSITIONS POUR UNE PASSION POLYMORPHE

L'alpinisme d'aujourd'hui est inquiet. Il vit une crise à la fois d'identification et d'insertion sociale, qui est sans doute le reflet partiel des crises plus importantes qui agitent notre société tout entière.

Face à cette situation, il devient urgent de d'abord formuler les problèmes qui se posent, et pour cela de commencer enfin d'en vraiment parler. Mais est-ce aujourd'hui possible ? La vétusté et la rigidité du discours qu'a jusqu'ici suscité l'alpinisme et qui permet de moins en moins à celui-ci de sortir de ses propres contradictions, porte à croire que non.

Que faire d'une parole qui, en tout cas en France, est trop souvent celle d'institutions de plus en plus séparées de ce que vivent et ressentent les alpinistes dans leur pratique, d'une parole qui continue d'ignorer ou de mépriser l'image que se font de l'alpinisme ceux qui ne s'y livrent pas ? Que traduire avec des mots maintenant trop usés ? Comment tout dire quand le discours a toujours été volontairement incomplet ?

Les montagnes et les techniques utilisées pour les gravir ont certes été abondamment décrites, dessinées, photographiées, mesurées. Depuis des décennies, livres et revues s'y emploient, où chroniques de clubs et techniques, monographies de massifs, descriptions d'itinéraires, présentations de parcs, études sur la flore et la faune forment la toile de fond inévitable.
S'il suffit pour parler d'une activité d'en décrire les différents aspects, alors, devant l'abondance même de ce qui a été publié, on peut dire qu'en alpinisme on sait de quoi l'on parle !
Mais si l'on pense qu'au-delà de la description, toute remise en question passe nécessairement par une analyse de ce dont on parle, il faut bien constater que le discours de l'alpiniste ne s'est jamais beaucoup élargi, et que pour l'instant on a plus parlé d'alpinisme que de l'alpinisme.
Les publications techniques correspondent à une nécessité, et l'on ne saurait nier leur utilité. Mais il est clair aussi qu'il y a place aujourd'hui pour une publication plus spéculative que descriptive où puissent paraître :

  • des réflexions d'alpinistes sur leurs activités à travers essais, critiques, analyses, récits, fictions, poèmes ou lettres ;
  • des études de non-alpinistes sur l'alpinisme ; des points de vue « extérieurs » qui soient ceux de sociologues, de psychologues, de littérateurs, d'artistes.


C'est ce que voudraient être les Cahiers de l'Alpinisme : publication plus d'étude que d'admiration satisfaite de la montagne et de soi-même, plus contemplative et interrogative que descriptive ou narrative ; pages où donner à lire de nouvelles recherches plutôt que de vieilles certitudes ; écritures par quoi on voudrait s'éloigner du cercle sans fin des rapports cliniques et des procès-verbaux, pour ouvrir largement l'alpinisme vers le monde et les idées des autres.


Faire connaître les différents courants d'idées qui sont apparus ou apparaissent dans les milieux montagnards, suggérer de nouvelles attitudes face au « terrain de jeu », de nouvelles façons de se penser en tant qu'alpiniste, tout cela peut sembler a priori bien difficile. Les alpinistes — et plus particulièrement les alpinistes français — apparaissent d'abord comme des êtres passionnés mais peu spéculatifs, dont les théories sont moins l'aboutissement de recherches qu'une dogmatisation d'habitudes aux origines peu claires.
Mais l'alpinisme et la spéculation sont-ils vraiment inconciliables par nature ? Ne peut-on penser que ceux qui ne varient que de pitons et de topo-guides, le font non parce qu'ils sont incapables de parler d'autres choses, mais soit par une manière de pudeur, soit par peur de briser le dogmatisme qui leur tient lieu de philosophie ?
L'écrivain Ossip Mandelstam notait au cours d'un voyage en Arménie : «j'ai développé en moi un sixième sens lié à l'Ararat : le sens de l'attrait des montagnes. A présent, où que je me trouve, ce sentiment qui déjà par lui-même marque un degré de spéculation, ne m'abandonnera plus. »
Choisissons de croire O. Mandelstam et essayons-nous aux formulations nées de ce sixième sens !
L'alpinisme étant sans doute par essence impossible à enfermer dans quelque théorie qu'on puisse imaginer, une telle démarche finira peut-être par se révéler vaine. Ces Cahiers apparaîtront comme un simple recueil d'articles disparates. Mais au moins une tentative aura été faite, et ces pages auront été un lieu de rencontres et de discussions au contraire d'autres publications tout à la fois guides touristiques, miroirs à exploits et collections de pieuses homélies.
On peut alors espérer que les théories les moins orthodoxes, et même les plus discutables y auront été exposées. Il ne s'agit pas d'établir des dogmes, si nouveaux soient-ils, mais plutôt de confronter des idées, d'en faire naître, et ce à la limite extrême de tous les domaines de la pensée. Il faut formuler ce qui existe, mais aussi soulever de nouveaux problèmes, même s'ils sont extravagants, en suggérer des solutions « assez insensées pour avoir une chance de se révéler correctes ».


Les Cahiers de l'Alpinisme ne seront pas périodiques. Ils ne prétendent pas pouvoir naître avec la régularité d'une revue. Leur parution sera fonction du « volume d'idées » qu'ils auront suscité. Répétons-le : c'est un dialogue qui doit apparaître. A la lecture de tel ou tel chapitre, certains sentiront le besoin de discuter, de critiquer, voire d'exposer de nouvelles idées. Des pages les attendent.

Les objectifs immédiats sont les suivants :

  • Donner la parole à ceux qui ont sur l'alpinisme quelque chose de nouveau à dire, qui veulent pouvoir lui appliquer de nouveaux modes d'analyse et d'écriture.
  • Aller au-delà des dialogues de sourds entre tenants des diverses éthiques, au-delà des discussions byzantines sur les techniques. Comme l'arbre cache la forêt, le piton cache les alpinistes.
  • Rompre la chaîne infinie des récits de courses où l'on a tout dit et où l'on ne peut que tout répéter. Le récit de course traditionnel est une forme dont il reste à analyser les structures, qu'il faut prendre comme sujet d'étude pour une nouvelle critique de l'alpinisme, puis comme point de départ pour une autre parole alpiniste.
  • Briser la tour d'ivoire culturelle et sociale dans laquelle s'est enfermé l'alpinisme. Faire comprendre celui-ci, le faire sentir. Analyser ses rapports avec le monde extérieur, avec ceux qui ne vont pas en montagne. Définir sa dimension sociale. Tenter de savoir si l'alpinisme est par essence un sport aristocratique, quels sont ses rapports avec les pouvoirs politiques, avec ses propres institutions.
  • Extraire les alpinistes des absolus dans lesquels ils s'enferment, et définir une attitude de dialogue entre le grimpeur et la montagne : non-domination de l'un par l'autre, mais accord entre les deux.
  • Déceler les liens qui peuvent unir l'alpinisme à tous les courants de pensées religieuses ou philosophiques, à toutes les idéologies, à des activités telles que la danse ou la création artistique.
  • Faire cesser le « splendide isolement » de la littérature alpine, qui ne cache qu'un complexe d'infériorité et bien souvent une incapacité à sortir d'un médiocre académisme. Pour cela utiliser tous les outils de la littérature, qu'ils soient prosodiques, poétiques, d'analyse ou de critique. On tentera de redonner sa vraie place au récit de fiction. Dans tous les cas on ne s'interdira aucun genre, aucune tendance : il s'agit de laisser écrire qui se sent attiré par l'écriture !


Quelle que soit la forme littéraire choisie, nous voudrions que ces Cahiers suscitent un plaisir de lire qui manque à tant d'articles trop souvent ennuyeux quand ils ne sont pas purement techniques. Du plaisir d'écrire viendra le plaisir de lire. Et celui-ci à son tour fera peut-être naître de nouveaux plaisirs d'écrire.

  • Considérer la photographie et les arts picturaux, non plus comme des moyens d'illustrations de textes, mais comme ce qu'ils devraient être avant tout : des moyens d'expressions, les outils d'une écriture bien spécifique.
  • Rendre compte bien sûr des livres ayant trait à l'alpinisme. Mais aussi et surtout, parce que l'alpinisme ne vit pas que par ses livres, parler des publications, des films, des conférences, des expositions, des manifestations musicales, et de manière générale de tout événement touchant de près ou de loin à la montagne et aux alpinistes.
  • Faire connaître les nombreux articles de fond étrangers qui, depuis longtemps, paraissent régulièrement dans des revues à peine lues en France.
  • De façon générale exalter chez l'alpiniste cette part de lui-même qui l'apparente à l'homme dont parle le sociologue Edgar Morin, et qui « apporte au monde le mythe, la magie, la démesure, le désordre et dont l'originalité profonde est d'être un animal doué de déraison ».



Le groupe de rédaction des Cahiers essaiera de trouver des articles, de susciter des débats, de présenter les nouvelles idées qui naissent partout où l'alpinisme est en mutation.

Mais il préférera toujours recevoir des propositions spontanées d'articles, des textes envoyés pour ouvrir le dialogue.

Tout auteur nouveau sera le bienvenu.

1977

La critique de Guy Lucazeau dans la Revue "Montagne et Alpinisme" N°1 - 1978

Pour information, des exemplaires neufs originaux des n°1, 2 & 3 sont disponibles aux Editions Lanore au prix unitaire de 9 €
Je cherche pour ma part, les exemplaires 4, 5, 6 et 7 ainsi que la liste des 5 ouvrages publiés par l'association Passage après 1979.

3 juillet 2007

Montagnelibrairie.com ... encore une librairie ?

Les amateurs de livres de montagnes connaissent presque tous (on tombe toujours sur un martien ou un cas qui ne connait pas) le site montagnelibrairie.com connu également sous montagnedistribution.com

 Les gens de TVMountain, éditeurs du site qui distribue également du matériel technique, s'étaient en effet associés avec la librairie Jean Landru à Chamonix pour offrir sur internet un des plus beaux fonds Montagne neuf français (j'exclus les spécialistes de l'occasion que sont les deux Librairies des Alpes ou les amateurs éclairés comme Daniel Masse).

En effet, les libraires spécialisés dans la littérature de montagne et d'alpinisme ne sont pas légion. Le monde du livre de montagne neuf se limite aux libraires généralistes disposant d'un fonds montagne conséquent et implantés en région de montagne (comme les librairies Decitre sur la région Rhône-Alpes).

Or, depuis quelques jours, l'offre littéraire de montagnelibrairie.com ne se limite quasiment plus qu'au catalogue de Michel Guérin, l'éditeur des fameux petits livres rouges. Très beau catalogue soit-dit-en-passant mais qui ne saurait résumer à lui seul la littérature de montagne et d'alpinisme.

C'est dommage.

J'ai néanmoins récemment envoyé un mail à montagnelibrairie.com pour m'enquérir du pourquoi de cette situation et dont je vous ferai part de la réponse, si réponse il y a.

Edit de 21:04 : La réponse ne se fera pas attendre. Un message sybillin sur la homepage annonce désormais : "changement de propriétaire - changement de stock". A suivre.

Le Secret des Sources - Georges Sonnier

Georges Sonnier - Le Secret des Sources
Ed. Fernand Lanore - EO 1977

Le Secret des Sources Recto Dernier ouvrage consacré à la montagne (il en écrira d'autres, en particulier des pièces de théatre) de Georges Sonnier, le Secret des Sources constitue une synthèse de son expérience et de son vécu de montagnard. La construction de l'ouvrage n'est pas évidente et je ne suis pas persuadé qu'il faille en chercher une. En tous cas, elle est empreinte d'une grande maturité et d'une certaine forme de sagesse.

L'ouvrage nous confirme que G. Sonnier était un grand humaniste du milieu montagnard et que le Secret des Sources constitue certainement son ouvrage le plus philosophique. Les références à ses précédents ouvrages sont nombreuses et certains épisodes familiers aux lecteurs de Où Règne la lumière' ou Terre du Ciel. L'exil résistant l'aura autant marqué par la fuite, subie, que par l'isolement, si apprécié, le temps d'une saison dans le Val Montjoie.

Les hommes n'ont jamais été les personnages principaux des ouvrages de Sonnier. Dans celui-ci, ils sont pourtant bien présents. Presque autant que les montagnes... c'est dire. Amis, guides, Bergers, inconnus dans des refuges. Tout ce peuple de l'Alpe reprend sa place dans la Montagne.

Un Sonnier un peu amer*, en 1973-1974, qui achève cette oeuvre montagnarde dans cet Oisans chéri. Et sur les bords du Vénéon :

Et on pouvait discerner dans le grondement apparemment uniforme du torrent le chant multiple des pierres que par myriadesil entraînait avec lui. Combien de millénaires faudrait-il pour user, raboter, aplanir enfin ces formes orgueilleuses et les réduire en poudre dans la grisaille d'une plaine sans espoir et sans fin ? De telles imaginations me glacent, je me rejouis d'être alors sincèrement d'être mortel et de ne devoir pas survivre à ce que j'aime le plus au monde. ...
Le Secret des Sources Recto Mais je sais aussi que si un jour, par malheur, ce torrent pur entre tous est à son tour souillé, c'est qu'alors toutes les sources de la vie seront empoisonnées. Et il n'y aura plus en ce monde plus de place pour l'homme.

Claude Theillay évoque le livre d'ailleurs mieux que moi dans La Montagne. Ouvrage qui constitue à mes yeux une approche synthétique tant de l'oeuvre que de la pensée de Georges Sonnier.

'* François-Xavier Sorlot, des Editions Lanore, me confiait récemment cette amertume de Sonnier face à l'évolution du monde montagnard à la fin des années 70 qui l'avait finalement éloigné de la Montagne. Amertume, ou plutôt révolte, qu'on retrouvera également chez le cousin Samivel dans le Fou d'Edenberg.

30 juin 2007

Un coup de coeur pour les Editions Lanore

Je reviens à l'instant des Editions Lanore.
Non, je n'y ai pas présenté de manuscrit ! (on va encore attendre un peu).

Si aujourd'hui le catalogue de cette petite maison d'édition est surtout consacré au développement personnel, Les éditions Lanore ont, et c'est ce qui nous intéresse, édité de grands auteurs de livres de montagne : Georges Sonnier, Pierre Dalloz, Bernard Amy (Passage - Cahiers de l'Alpinisme), Claire-Eliane Engel, Jacques Boell.

J'avais donc appris que la maison Lanore disposait de stocks invendus de livres de montagne (notez qu'une partie du stock de la collection montagne d'Albin Michel a été rachetée il y a plusieurs années par les Editions Lanore, pour notre plus grand bonheur). Ce fut donc la raison principale de ma visite.

La rencontre avec François-Xavier Sorlot, gérant, fut fort sympathique et intéressante. Et la petite heure au cours de laquelle nous avons évoqués les souvenirs (surtout les siens) des auteurs évoqués ci-dessus et devisé sur le marché du livre de montagne firent de cette halte une pause salutaire au cours d'un après-midi shopping un premier samedi de soldes ;-)

S'il me lit, je le remercie pour son accueil.

Je vous livre ci-dessous les titres disponibles, qui sont dans un état neuf, à prix éditeur.

  • Georges Sonnier - Eiger

Deux hommes devant la face nord de l’Eiger, un mur sombre, hostile, démesuré: deux kilomètres de haut sur quatre de large… 1977 - 296 pages, 9 €

  • Georges Sonnier - La montagne et l’homme

Pour connaître la montagne il fallait d’abord le loisir,mais surtout le désir de l’aimer.L’alpinisme demeure dans ses prodigieux développements actuels une des grandes aventures de l’humanité. 1970 - 336 pages, 48 pages d’illustrations, 14 €

Œuvre d’humaniste autant que d’alpiniste dans laquelle on retrouvera la même qualité d’écriture et de sensibilité. 1959 - 240 pages, 7 €

1946 - 208 pages, 16 pages d’héliogravures, 7 €

  • Georges Sonnier - Meije

Un récit entièrement tendu, d’une densité, d’un dépouillement extraordinaire et qui est considéré comme un classique du genre. 1977 - 144 pages, 9 €

Il s’appelle Jean. C’est un vieil homme. La montagne aura été l’une des grandes passions de sa vie. Et le voilà qu’il y retourne une nouvelle fois, une dernière fois. 1974 - 240 pages, 9 €

  • Georges Sonnier - Le secret des sources

Ce « livre de raison » a sa place dans la bibliothèque de tout fervent de la montagne. 1977 - 216 pages, 8€

Ce roman est la simple histoire d’un homme;mais tout autant,de la montagne à laquelle il a voulu consacrer sa vie. De cette relation se dégagent peu à peu la physionomie singulière du narrateur, et une manière de sagesse lentement conquise à travers les épreuves et les difficultés de chaque jour. « Un livre pour tous ceux qui pensent que la montagne est un chemin de vie avant d’être un terrain d’exploit. Le roman le plus prenant de l’auteur.» Alpinisme et randonnée « Un médecin de montagne est une belle et grave histoire d’homme où rien n’est dit que l’essentiel… page à page se révèle une âme comme on voudraiten avoir une. » La Voix du Nord «L’auteur est sans conteste un grand humaniste de la montagne. Sa prose est d’une haute tenue et a la valeur éternelle.» Montagne et alpinisme 1999 - 284 pages, 15 €

  • Jacques Rouillard - Loin des pistes… l’aventure

Raids à ski, du Toubkal à la Norvège. 1979 - 65 courses décrites, 36 cartes, 21 croquis, 23 photos, 9 €

  • L’avalanche - Jacques Boell

Six nouvelles racontées par un alpiniste renommé. 1973 - 240 pages, 7 €

  • Passage - Cahiers de l’alpinisme

Publication plus d’étude que d’admiration satisfaite de la montagne et de soi-même, plus contemplative et interrogative que descriptive ou narrative; pages où donner à lire de nouvelles recherches plutôt que de vieilles certitudes; écritures par quoi on voudrait s’éloigner du cercle sans fin des rapports cliniques et des procès-verbaux, pour ouvrir largement l’alpinisme vers le monde et les idées des autres.Publiés sous la direction de:Bernard Amy, Jean Bocognano, Pierre Chapoutot, Xavier Fargeas, Robert Mizrahi, Vincent Renard. Tome I, Tome II, Tome III. 1977 - 1978 - 1979 - 224 pages, 16 pages de photos, 9 €

Les souvenirs de montagne de l’auteur de « Zénith ». 1978 - 256 pages, 11,50 €

  • Claire-Éliane Engel - Le mont-blanc

Le mont-blanc vu par les écrivains et les alpinistes. Choix de textes. 256 pages, 48 pages d’héliogravure, 11,50 €

  • Et probablement l'Histoire de l'alpinisme par Claire-Éliane Engel (env. 1950) - Présence en stock incertaine.



Le siège/boutique se situe 6, rue de Vaugirard - Paris
6 rue de Vaugirard, 75006 Paris
tél : 01 43 25 66 61 / 01 46 33 97 65 - fax : 01 43 29 69 81.
http://www.editionslanore.com/
Il est préférable de passer un petit coup de fil avant toute visite afin de s'assurer de l'ouverture d'autant plus que leur stock n'est pas sur place.

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