Arthaud - Coll "Sans Limites"
Edition de 1999
traduction de Felix Germain

Cadeau de ma Môman :-)



En 1948 un insensé accident... de bicyclette met tragiquement fin à l'existence de celui qui fut certainement l'un des plus grands guides italien, sinon des Alpes. Roi des Dolomites, originaire du Val Di Fassa, où il avait défriché tous les itinéraires possibles, encordé, décordé, en montée, en descente, mais aussi en tyrolienne quand une voie se faisait récalcitrante.

Gian Battista Piaz de son vrai nom, né en 1879, se découvre vite, encore enfant, des prédispositions pour l'escalade. D'audacieuses premières et son côté franc-tireur en font le guide le plus recherché de la période, qu'il s'agisse de simples répétitions de ses ouvertures sur les Tours du Vajolet (il gère le refuge situé à leurs pieds) ou de premières audacieuses.

Tita Piaz Il tira son surnom de "Diable des Dolomites" de ses extraordinaires qualités et de son temperament anarchique mais également de son aspect physique pas toujours très engageant. ;-)

Mais Tita Piaz apporte surtout une nouvelle conception de la pratique de l'alpinisme et du métier de guide. Piaz est un guide moderne. Célébre dans toutes les alpes à à peine 30 ans, il donne des conférences, écrit des articles et s'engage également en politique.


De cette biographie, écrite par lui-même, on ne retiendra pas un style inoubliable même si l'auteur ne se prend pas du tout au sérieux. Tita Piaz était avant tout un coureur de parois et son palmarès reste impressionnant, compte tenu des moyens de l'époque. Tita Piaz était surtout profondémment attaché à ses Dolomites natales où il pratiquait un alpinisme passionné

Tita PiazOn retiendra enfin particulièrement le récit de la controverse avec Preuss, que Tita Piaz nous conte longuement en seconde partie de l'ouvrage. Dans la période entre le début du siècle et les années 20 se mettent en place des clivages entre grimpeurs qui structurent encore aujourd'hui les familles de grimpeurs. La querelle la plus éloquante concerna le recours aux moyens artificiels de progression et d'assurage et opposa, essentiellement dans le massif des Dolomites, avant la première guerre mondiale, Paul Preuss à Tita Piaz et Hans Dülfer. Paul Preuss est aujourd'hui considéré comme le précurseur du libre en raison de sa pratique du solo intégral. Le parcours d'une voie à l'aide d'un quelconque artifice de progression fait selon lui « perdre toute valeur à l'ascension et honneur à son réalisateur » de même qu'il trouve dangereux l'encordement en cas de chute de l'un des membres de la cordée. La postérité semble donner raison à ses opposants car son extrémisme lui sera fatal en 1913 lors de son ultime ascension. Les conditions de la mort de ce dernier suffisent à rendre contestables ses prises de position sans concession aux yeux des observateurs contemporains pour lesquels il est évident qu'un bon grimpeur est celui qui survit à sa carrière verticale.

Quelques critiques
Nos vacances 2006 dans les Dolomites : ici et