Prisonnier de l'Annapurna
Jean-Christophe Lafaille & Benoît Heimermann
Editions Guérin - 2003



1er ouvrage (et resté le seul) de Jean-Christophe Lafaille, il nous explique l'attrait irrésistible qu'exerça sur lui la haute altitude et en particulier l'Himalaya.

Lafaille est avant tout un très grand technicien qui s'illustre dans des voies majeures des Alpes (En 1990, il fait la voie Bonatti au Grand Capucin et ouvre en 1992 une nouvelle voie (Le Chemin des Étoiles) à l'Éperon Croz dans la face nord des Grandes Jorasses).

Sa rencontre fortuite avec Pierre Béghin le propulse dans l'univers de l'Himalayisme, là ou commence l'ouvrage. De cette première expérience, Lafaille revient anéanti : en effet Pierre Béghin dévisse sous ses yeux à 7100 m dans la face sud de l'Annapurna.

Lui revient.

Après une descente dont il ne pensait lui-même pas revenir, Lafaille doit affronter la vindicte et les critiques du milieu mais surtout ce fantôme, cette face sud qui le poursuit et l'attire inexorablement. Il retourne en Himalaya dès l'année suivante et enchaîne les ascensions en suivant la voie ouverte par Messner : Fouler les 14 8000 en style alpin, en solitaire pour la plupart et pourquoi pas en hivernale...

... l'Himalaya était en train de s'installer au centre de mes pensées. J'ai compris que dorénavant j'aurais du mal à me passer de ce monde que je venais de découvrir. J'aimais ça.
Mes expériences ultérieures, qui petit à petit m'ont introduit dans cet univers particulier de la haute altitude, renforceront cette passion. Ce milieu, j'ai appris à le connaître et à l'apprécier chaque fois davantage. Sans précipitation, sans imprudence, avec pour principal atout cette vigilance exacerbée, justement héritée de mon expérience préliminaire. Cette manière d'appréhender dans le même temps les joies et les risques a developpé chez moi une sorte de double nature. Depuis 1992, je n'ignore rien du pire. J'ai construit sur un drame, d'où un relatif détachement, teinté de méfiance et de scepticisme.


Jean-Christophe Lafaille disparait sur la Makalu, son dernier 8000, le 29 janvier 2005.
Un Grand petit bonhomme...

Le site de JC Lafaille, dorénavant maintenu par sa compagne Katia
Biographie sur Wikipedia
Lafaille, retour sur une disparition par Benoît Heimermann pour L'Equipe Magazine