Georges Sonnier - Le Secret des Sources
Ed. Fernand Lanore - EO 1977

Le Secret des Sources Recto Dernier ouvrage consacré à la montagne (il en écrira d'autres, en particulier des pièces de théatre) de Georges Sonnier, le Secret des Sources constitue une synthèse de son expérience et de son vécu de montagnard. La construction de l'ouvrage n'est pas évidente et je ne suis pas persuadé qu'il faille en chercher une. En tous cas, elle est empreinte d'une grande maturité et d'une certaine forme de sagesse.

L'ouvrage nous confirme que G. Sonnier était un grand humaniste du milieu montagnard et que le Secret des Sources constitue certainement son ouvrage le plus philosophique. Les références à ses précédents ouvrages sont nombreuses et certains épisodes familiers aux lecteurs de Où Règne la lumière' ou Terre du Ciel. L'exil résistant l'aura autant marqué par la fuite, subie, que par l'isolement, si apprécié, le temps d'une saison dans le Val Montjoie.

Les hommes n'ont jamais été les personnages principaux des ouvrages de Sonnier. Dans celui-ci, ils sont pourtant bien présents. Presque autant que les montagnes... c'est dire. Amis, guides, Bergers, inconnus dans des refuges. Tout ce peuple de l'Alpe reprend sa place dans la Montagne.

Un Sonnier un peu amer*, en 1973-1974, qui achève cette oeuvre montagnarde dans cet Oisans chéri. Et sur les bords du Vénéon :

Et on pouvait discerner dans le grondement apparemment uniforme du torrent le chant multiple des pierres que par myriadesil entraînait avec lui. Combien de millénaires faudrait-il pour user, raboter, aplanir enfin ces formes orgueilleuses et les réduire en poudre dans la grisaille d'une plaine sans espoir et sans fin ? De telles imaginations me glacent, je me rejouis d'être alors sincèrement d'être mortel et de ne devoir pas survivre à ce que j'aime le plus au monde. ...
Le Secret des Sources Recto Mais je sais aussi que si un jour, par malheur, ce torrent pur entre tous est à son tour souillé, c'est qu'alors toutes les sources de la vie seront empoisonnées. Et il n'y aura plus en ce monde plus de place pour l'homme.

Claude Theillay évoque le livre d'ailleurs mieux que moi dans La Montagne. Ouvrage qui constitue à mes yeux une approche synthétique tant de l'oeuvre que de la pensée de Georges Sonnier.

'* François-Xavier Sorlot, des Editions Lanore, me confiait récemment cette amertume de Sonnier face à l'évolution du monde montagnard à la fin des années 70 qui l'avait finalement éloigné de la Montagne. Amertume, ou plutôt révolte, qu'on retrouvera également chez le cousin Samivel dans le Fou d'Edenberg.