La montagne c'est pointu - Pierre Chapoutot
Edité à compte d'auteur - 1997 - (magnifique) Préface de Roger Canac
Quasiment introuvable



Pierre Chapoutot décide de compiler, en 1997, une partie de 30 ans de production littéraire consacrée à l'alpinisme. Ces extraits d'articles voire même de pamphlets (qui vaudront un départ fracassant de la rédaction de la Montagne & l'Alpinisme) lui permettent de développer une vraie philosophie de la pratique alpine. Une pratique respectueuse de l'environnement (mais pas écolo), irrévérentieuse (et presque anar) et surtout, une pratique Amateur, empreinte de camaraderie, dont il se revendiquera toujours.

Mais le Chaps a d'autres talents littéraires, certes moins revendicatifs mais toujours avec l'ambition de faire réfléchir sur les pratiques et l'évolution de l'alpinisme, qui feront de lui l'un des fondateurs de l'iconoclaste revue Passage que j'ai eu l'occasion d'évoquer à plusieurs reprises sur ce blog (Passage n°1, Passage n°2, Passages, Anthologie).

P.Chapoutot excelle enfin dans le récit de voyages et dans le genre particulier de la monographie montagnarde (notamment celle du Mont Aiguille, publiée dans le présent ouvrage).

A noter, pour conclure, un article intitulé Le livre et la montagne, plutôt sévère pour la littérature de montagne et d'alpinisme :

Il reste que cette littérature d'alpinistes, si elle se caractérise par son abondance, reste qualitativement d'une grande pauvreté, au point de déboucher trop souvent sur une espèce de littérature naïve, qui est à l'autre ce que le palais du facteur Cheval est à l'art gothique, et dont la comtesse de Ségur est à chercher du côté du Terray des Conquérants de l'Inutile - la palme de la nullité revenant très vraisemblablement au récit d'expédition, à quelques exceptions près, aussi rarissimes que significatives, comme La Montagne des Autres de Bernard Amy.



Sa disparition accidentelle, en 2006, fait de ce rarissime ouvrage, une sorte de testament littéraire.

L'essentiel n'est-il pas d'éprouver dans l'escalade son propre plaisir, plutôt que de cultiver cet agrément normalisé qui consiste à confronter les références des autres aux siennes propres ?


(au sommet de la Grande Casse) Je crois bien que j'aurais aimé rester là, avec une bonne grosse tomme et un coup de rouge...


... Il y eu pourtant des premières cet été-là, mais j'apprenais à les faire en catimini, par gourmandise, et c'était infiniment agréable. Je découvrais que l'alpinisme pouvait être jubilatoire, et la montagne autre chose qu'une simple caisse de résonance. J'allais donc me contenter d'être un amateur, au sens le plus samivélien du terme.