Tragédie à l'Everest - Jon Krakauer
Presses de la Cité - mars 1998
Egalement édité chez Guérin (nombreuses photos inédites) en 1998





Printemps 1996, Outside Magazine envoie Jon Krakauer couvrir un reportage sur l'Everest (versant Népalais) au sein d'une expédition commerciale menée par Rob Hall. (article d'ailleurs disponible en ligne: Into Thin Air). Après la publication de l'article, Jon Krakauer s'aperçu qu'il avait encore plus à dire au sujet de l'expédition qu'il venait de vivre qu'il en écrit ce livre.

Cette année là, douze personnes ont trouvé la mort sur l'Everest dont 8 pour la seule journée du 10 mai, un nombre record. Beaucoup d'entre eux appartenaient à l'expédition de Robert Hall. Mais il apparait également qu'un nombre record de personnes se trouvaient sur les pentes du toit du monde cette année.

Embouteillage

Un ouvrage d'une intensité dramatique et émotionnelle du début à la fin. L'environnement le veut. La lutte pour le sommet de l'Everest est longue et difficile, nécessite des semaines d'acclimatation, un assaut progessif de la montagne en établissant des camps successifs avant de finalement de se lancer pour -peut-être- atteindre le sommet; et avec de la chance.

Il existe une certaine controverse (pour ne pas dire une controverse certaine !) sur les expéditions commerciales. La question étant: si vous n'êtes pas capable d'aller là-haut seul, devriez-vous vous y trouver ? Il s'avère qu'un certain nombre des personnes qui y sont restées (ou ne sont pas passées très loin...) dépendaient de guides et Sherpas pour faire ce sommet et n'auraient jamais réussi sans leur aide.

On est vite fasciné par cet environnement et par les hommes et les femmes qui ont osé y entrer. Ils semblent d'une détermination sans faille. L'endurance humaine est poussée à sa limite. Mais après un court laps de temps, J. Krakauer nous pousse à nous interroger sur la motivation de ces gens et le point de vue du lecteur passe successivement de l'étonnement, puis admire la détermination voire même l'obsession, et conclut sur un manque évident de pensée rationnelle (hypoxie ?).

Au-dessus de 8000 mètres, on entre dans la zone de la mort. Cela devrait être suffisant faire rester à l'écart un être doué de raison. Mais non. Ces alpinistes, parfois presque amateurs, y affluent encore et encore. On connait pourtant les risques: gelures, oedêmes cérébraux et pulmonaires, chutes mortelles, cadavres à enjamber pour atteindre le sommet, tout n'est que souffrance...

Jon Krakauer va donc nous raconter cette journée du 10 mai 1996. 3 expés différentes s'élancent du Col sud (Camp IV) pour le sommet. Son histoire a provoqué un débat passionné sur les événements survenus ce jour sur et sous le sommet, même parmi les alpinistes qui étaient sur la montagne à ce moment là. Des guides sont morts pour emmener leurs clients à 70 000 $ au sommet, à tout prix. Quand bien même ces clients n'ont jamais été capables de redescendre. La faute à cette obsession du sommet, une météo imprévisible, une préparation et une acclimatation baclées ? Se trouver dans la zone de la mort éxonère-t-il d'abandonner un camarade en difficulté, au risque de compromettre SON sommet ? Le débat est multiple. Chaque erreur, minime sur des montagnes normales eu des conséquences dramatiques.