Meije - Georges Sonnier
Ed. Fernand Lanore - 1977 (réédition)
1ère édition par la Librairie des Alpes - André Wahl Coll. Les Bibliophiles de la Montagne - 1952
Perret 4106



Une face nord vierge, à l'aube d'un conflit armé, une cordée composée de futurs belligérants, et une issue dramatique. Ce petit récit (142 p) - pour qui a délà lu Sonnier auparavant - ne laisse pas un souvenir impérissable. L'amateur de littérature alpine aura un vague sentiment de "déjà-lu" et il faut reconnaître que Sonnier s'est laissé allé tant à une certaine dramaturgie qu'une vulgarisation alpine, probablement pour tenter de perçer auprès d'un public plus large.

L'avant propos de la seconde édition (chez Lanore), semble montrer (en lisant entre les lignes) que G. Sonnier a pris conscience que son ouvrage avait plutôt mal vieilli (je rejoins d'ailleurs P.Chapoutot sur ce point).

Jacques Perret (rappelons-le, auteur du Guide des Livres sur la Montagne et l'Alpinisme) considère néanmoins que Meije est un très beau roman de montagne, sans doute un des meilleurs ouvrages de G. Sonnier. je n'arrive pas à partager son enthousiasme.

Selon Pierre Chapoutot :

1946 est également l’année de composition d’un petit roman de Georges Sonnier, sobrement intitulé Meije, qui a reçu en 1950 le Grand prix littéraire de la montagne. Publié juste après la guerre, ce roman est fortement influencé par l’expérience personnelle que Sonnier a vécue pendant le conflit. A l’opposée de Saint-Loup, écrivain collabo, Sonnier a été un écrivain-résistant qui est sorti moralement blessé de l’épreuve. Du coup, il a cherché à faire de la Meije, montagne vénérée, un lieu d’apaisement et de réconciliation - tel est l’objectif de ce « récit ». Je laisse à d’autres le soin de juger si c’est réussi ou pas – pour ma part je trouve que ce bouquin a mal vieilli, avec son scénario tiré par les cheveux et sa pétarade de bons sentiments. Ce n’est pas méchanceté de ma part : Sonnier est un bel écrivain porteur d’un message humaniste, et c’est dans le témoignage et la réflexion philosophique qu’il donne vraiment sa mesure.


  • Une critique (en anglais) parue dans l'American Alpine Journal en 1953