(une) Ascension (Bergfarht) - Ludwig Hohl
réédition à 2500 exemplaires par les Editions ATTILA - Novembre 2007
Illustrations de Martin Tom Dieck
traduit de l'allemand (Suisse) par Luc de Goustine, publié initialement chez Gallimard (1980) sous le titre Une ascension

Perret 2274



Extrait de la 2ème de couverture

Repris, corrigé et réécrit six fois entre 1916 et 1940, avant de recevoir sa forme définitive (et un succès critique sans précédent) en 1975, Ascension est le récit d’une ascension en montagne.

Deux hommes partent à l’assaut d’un glacier ; les conditions sont mauvaises. Le malaise de l’un s’intensifie devant la dureté des éléments, à tel point qu’il abandonne, et que l’autre entreprend une ascension solitaire folle, mais consciemment assumée. Lente ascension, ou lente agonie ?

On suit pied à pied les héros dans leurs trajectoires opposées, les accidents qui se multiplient, et les songes dont ils peuplent la montagne… Labyrinthe de glace sans trace humaine, ni perspective, et bordé d'abîmes, celle-ci prend un relief fantasmatique et monstrueux. Dans cet univers à la fois transparent et ténébreux, où la réalité tend à se dissoudre, peuvent surgir des événements décisifs et tragiques.

L'écriture à ellipses de Ludwig Hohl fascine par sa minutie et sa sobriété. L'auteur tente de percer la personnalité de la montagne à travers ses couleurs, ses méandres, ses formes, son climat... Ascension est une parabole impeccable, dans la lignée du Vieil homme et la mer d’Hemingway, ou du Moby Dick de Melville.

Deux alpinistes partent pour une ascension. L'un rechigne et bientôt renonce, l'autre poursuit vers son but. Au retour, la mort, absurde et inéluctable, les surprend tous deux. Le thème classique de la dernière course et de la montagne ogresse.

Un ouvrage qui rappelle Elisée Reclus pour les descriptions in situ et Pierre Moustiers ou Guy Belzacq pour la sobriété du style et de l'intrigue.

Pour l'anecdote, Daniel Masse, que j'ai eu le plaisir de rencontrer et de recevoir à dîner il y a quelques semaines, venait quasiment simultanément en même temps que moi de découvrir cet ouvrage (mais dans son édition originale française chez Gallimard).